GIC-RCA (G8-RCA)

5 octobre 2015 – Reunión du G8-RCA avec le Chef de l’État à Bangui
Les représentants du G8-RCA ont tenu une reunión avec le Chef de l’État de transition à Bangui. La réunion a porté sur les questions rélatives aux violences commises depuis le 25 septembre à Bangui. Le G8-RCA s’est engagé à sécuriser les échéances électorales.

29 septembre 2015 – Reunión de crise du G8-RCA à Bangui
Les représentants du G8-RCA ont tenu une reunión de crise à l’Ambassade des États-Unis à Bangui. Lors de cette rencontre, ils ont demandé des poursuites judiciaires contre les auteurs des violences commises à Bangui depuis le 25 septembre 2015. Le G8-RCA soutien la rapide élection des futurs dirigeants du pays.

27 juillet 2015 – 8ème réunion du GIC-RCA (G8-RCA) à Addis-Abeba (Ethiopie)
Le Groupe international de contact sur la République centrafricaine (GIC-RCA) a tenu sa  8ème réunion à Addis Abeba, le 27 juillet 2015, sous la coprésidence de l’Ambassadeur Smaïl Chergui, Commissaire à la Paix et à la Sécurité de l’Union africaine (UA) et de M. Charles Richard Mondjo, Ministre délégué à la Présidence chargé de la Défense nationale de la République du Congo, et avec la participation des représentants d’Afrique du Sud, Allemange, Angola, Australie, Burundi, Cameroun, Canada, RCA, République du Congo, RDC, Egypte, Etats Unis d’Amérique, France, Gabon, Japon, Luxembourg, Nigéria, Norvège, Ouganda, Royaume Uni, Russie, Rwanda, Soudan, Tchad, Turque, Zimbabwe, BAD, Banque mondiale, CEEAC, CICR, OIF, OCI, Nations unies et Union Européenne.
La cérémonie d’ouverture a été marquée par les allocutions prononcées par le Commissaire à la Paix et à la Sécurité de l’UA, le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies et chef de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en RCA (MINUSCA), le Ministre des Affaires étrangères de la République gabonaise, au nom du Président en exercice de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), le Représentant spécial en RCA du Secrétaire général de la CEEAC, le Premier ministre de la RCA; et le Ministre de la Défense de la République du Congo.
Les participants se sont félicités du haut niveau de participation à la réunion à travers les Ministres et chefs de délégations du Burundi, de l’Ouganda, du Gabon, de la République du Congo, du Rwanda, de la RCA, du Tchad et du Soudan. Les participants ont pris note des conclusions de la 16ème Session ordinaire de la Conférence des Chefs d’Etats et de Gouvernement de la CEEAC tenue à N’Djamena, le 25 mai 2015 et au cours de laquelle la Conférence a adopté le principe de la prorogation de la Transition, afin de permettre aux Autorités de la Transition d’organiser des élections crédibles et transparentes avant la fin de l’année 2015. Ils ont rappelé les conclusions du Sommet spécial de la CEEAC consacré à la lutte contre le groupe terroriste Boko Haram, tenu à Yaoundé le 16 février 2015, notamment la mise en place du Mécanisme quadripartite comprenant le Tchad, le Cameroun, la RCA et la MINUSCA.
Les participants ont également pris note des conclusions de la conférence internationale sur les besoins humanitaires, la relance et le renforcement des capacités de résilience de la RCA, tenue à Bruxelles, le 26 mai 2015, au cours de laquelle la Commission européenne revu à la hausse son aide à la RCA pour un montant de 72 millions d’euros et d’autres contributions financières spécifiques.
Les participants ont exprimé la détermination de leurs organisations et pays respectifs à continuer à accompagner les autorités et le peuple centrafricains, en vue de mener à son terme la transition politique en cours et permettre de restaurer l’ordre constitutionnel.
Les participants ont noté que la 8ème réunion du GIC-RCA se tient à la veille d’échéances cruciales pour le processus de transition, qui nécessitent la mobilisation de ressources financières additionnelles et une volonté politique plus affirmée des autorités de la Transition pour un retour à l’ordre constitutionnel à la fin de l’année 2015. Il s’agit notamment de la tenue du referendum constitutionnel et des élections législatives et présidentielle, avant la fin de l’année 2015, qui marqueront la fin de la Transition ; du programme de pré désarmement, de démobilisation et de réinsertion (pré-DDR) et de la réforme du secteur de la sécurité.
Les participants ont examiné l’évolution de la situation en RCA depuis la 7ème réunion du GIC-RCA, tenue à Brazzaville, le 16 mars 2015, sur la base des communications faites par le Premier ministre de la RCA et des membres de sa délégation, les Représentants spéciaux de l’UA, des Nations unies, de la CEEAC et le représentant de la Banque mondiale en RCA, et ce, au nom du Groupe de coordination pour la préparation et le suivi des réunions du GIC-RCA (G8-RCA), ainsi que des échanges qui ont suivi. Sur les aspects politiques et sécuritaires.
Les participants ont noté avec satisfaction la tenue, du 4 au 11 mai 2015, du Forum national de Bangui, dans le cadre de la Phase III du processus politique engagé à Brazzaville, en juillet 2014. A cet égard, les participants se sont félicités des conclusions dudit Forum, notamment l’adoption du Pacte républicain pour la paix, la réconciliation nationale et la reconstruction en République centrafricaine, l’Accord sur les principes du DDRR et d’Intégration dans les corps en uniforme de l’Etat Centrafricain entre le gouvernement de transition et les Groupes armés et l’Accord des groupes politico-militaires participant au Forum de Bangui pour mettre fin au recrutement et à l’utilisation des enfants, ainsi qu’aux autres violations graves des droits de l’enfant. Les participants se sont également félicités de la participation de toutes les Forces vives de la Nation, y compris les représentants des populations venus nombreux des 16 préfectures du pays, de la diaspora et des réfugiés.
Les participants ont pris note de la mise en place par un décret du 23 mai 2015, du Comité de suivi du Forum national de Bangui, aux fins de veiller à la mise en œuvre des recommandations du Forum. Ils ont exhorté le Comité de suivi à travailler à l’aboutissement du processus de transition dans les délais fixés.
Les participants ont également pris note des conclusions de l’atelier national d’enrichissement du projet de proposition de Constitution, tenu à Bangui, du 3 au 6 juillet 2015. Ils ont salué la contribution de l’OIF à l’organisation de l’Atelier. De même, ils ont insisté sur la participation de tous les centrafricains aux élections, y compris, les réfugiés conformément à l’esprit inclusif du Forum de Bangui, à la Charte constitutionnelle de Transition qui, en son Article 20, stipule que tous les citoyens centrafricains disposent du droit de vote, conformément aux instruments pertinents de l’Union africaine et de la CEEAC, ainsi qu’aux résolutions des Nations unies.
Les participants ont lancé un appel aux autorités de la Transition afin qu’elles garantissent le respect de la Charte constitutionnelle de transition, notamment sur la question de l’inéligibilité des acteurs politiques ayant géré la Transition. À cet égard, ils ont souligné que la communauté internationale est attentive au respect par la classe politique centrafricaine des engagements pris dans le cadre des Accords de Libreville de janvier 2013, et que tout doit être mis en œuvre pour que le référendum en vue de l’adoption d’une nouvelle Constitution ne soit pas instrumentalisé par des acteurs politiques pour revenir sur la clause d’inéligibilité contenue dans la Charte de Transition. Ils ont également appelé au strict respect de la clause d’inéligibilité des acteurs politiques frappés par les sanctions prises par le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’UA et/ou par le Conseil de sécurité des Nations unies, ainsi que des autorités de la transition.
Les participants ont noté que la situation sécuritaire dans son ensemble connaît une nette amélioration, avec l’appui des Forces internationales, MINUSCA et Sangaris qui contribuent à la sécurisation des villes. Ils ont noté avec satisfaction l’action conjuguée des Forces de sécurité intérieure et de la MINUSCA-Police dans la lutte contre les actes de criminalité et le banditisme dans le pays et l’implication progressive des habitants de la capitale aux côtés de la MINUSCA-Police et des forces internationales dans la sécurisation de leurs quartiers.
Les participants ont noté avec satisfaction la promulgation, le 3 juin 2015, de la loi créant la cour pénale spéciale chargée d’enquêter sur les crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis sur le territoire de la Centrafrique depuis 2003 et de poursuivre les auteurs de ces crimes. Ils ont réitéré l’importance d’enquêter sur les allégations de violences sexuelles, d’exploitation et d’abus sexuels d’enfants durant la crise, et ce conformément aux recommandations des Nations unies et de l’UA. Les participants se sont par ailleurs félicités de la reprise des activités de la Cour criminelle de Bangui, qui ne siégeait plus depuis 2010, ce qui est un signe de l’engagement du Gouvernement pour la lutte contre l’impunité et le rétablissement de l’Etat de droit. Les participants se sont félicités du climat apaisé qui règne, en général, dans le pays. Dans ce contexte, ils invitent toutes les parties prenantes, la communauté internationale y compris les agences humanitaires opérant en RCA à doubler d’efforts pour l’aboutissement de la transition et l’amélioration des conditions de vies des populations centrafricaines. Sur les aspects humanitaires.
Les participants ont exprimé leur volonté de travailler à améliorer la situation humanitaire encore préoccupante pour les personnes déplacées internes qui sont confrontées à la fois à la saison des pluies et aux épidémies. Ils ont noté avec satisfaction le phénomène de retour constaté depuis le mois de mars 2015 de déplacés internes à Bangui. Les participants ont encouragé les autorités de Transition, avec l’appui des partenaires internationaux, à poursuivre ces efforts pour accompagner ce retour volontaire en créant les conditions propices au respect de la liberté de circulation, au renforcement des capacités de prise en charge des services sociaux de base et à la poursuite des efforts déployés dans le cadre des activités de promotion de la cohésion sociale et du dialogue intercommunautaire. Ils ont exprimé leur satisfaction pour les efforts déployés par les acteurs humanitaires, et ont réitéré leur gratitude aux pays voisins qui accueillent des réfugiés centrafricains.
Les participants ont rappelé aux autorités de la transition la recommandation de la 6ème réunion du GIC-RCA sur le démantèlement du camp de déplacés internes situé dans le périmètre de l’aéroport de Bangui. Ils se sont réjouis des progrès accomplis, et ont exhorté les autorités de la transition à mettre pleinement en œuvre cette recommandation. Sur le processus electoral.
Les participants ont pris note du principe de la prorogation de la Transition tel qu’accepté par la CEEAC, en vue de garantir une bonne tenue des élections pour un retour rapide à l’ordre constitutionnel, avec la participation de tous les centrafricains, y compris les réfugiés afin de préserver l’unité et la réconciliation nationales.
Les participants ont noté avec satisfaction les contributions financières au programme d’appui au cycle électoral centrafricain (PACEC), signé le 25 novembre 2014, et instituant un Fonds fiduciaire (Basket Fund) avec notamment l’UA (500.000 USD), l’Italie (200, 000 Euros), une contribution additionnelle de 2 millions d’Euros de la France et une éventuelle contribution sur le plan bilatéral d’au moins 2 millions de dollars des Etats-Unis d’Amérique. Ils ont pris note de l’annonce par le Cameroun d’une contribution d’un montant de 1 milliard de FCFA en appui au processus électoral et ont félicité ce pays pour ce geste. Ils ont également encouragé les initiatives de réduction du budget du PACEC à travers les contacts avec les Etats membres de la CEEAC et de la CEDEAO pour l’emprunt de matériel électoral et l’engagement de certains partenaires à appuyer le convoyage dudit matériel jusqu’à Bangui.
Les participants ont salué les efforts déployés par le Gouvernement, l’Autorité nationale des Élections (ANE), avec l’appui de la communauté internationale et les partenaires internationaux, pour la tenue à date échue d’élections inclusives et ouvertes à tous, conformément à la Charte de Transition et au Code électoral. Ils ont encouragé les initiatives de suivi et de coordination du Comité stratégique sur les élections (CSSE) mis en place par le Gouvernement, et ont salué les progrès significatifs enregistrés par cette instance dans le strict respect des échéances électorales.
Les participants ont lancé un appel pressant à la communauté internationale à saisir l’opportunité de ce contexte sécuritaire et politique favorables pour poursuivre son engagement par un apport de financements additionnels dans les meilleurs délais. Sur la situation économique et financière.
Les participants ont pris bonne note du retour modéré mais réel de la croissance économique, après deux années de forte baisse, grâce à l’amélioration du contexte sécuritaire sur l’ensemble du territoire et en particulier le long du corridor Douala-Bangui. Ils ont également noté une augmentation significative des recettes intérieures, en partie due à un meilleur recouvrement de la TVA par les services des impôts.
Les participants ont encouragé le Gouvernement à poursuivre avec plus de fermeté les réformes en matière de gestion des finances publiques, notamment la mise en place effective d’une Agence comptable centrale du Trésor, l’application de mesures destinées à lutter contre la fraude fiscale et surtout douanière, et le redéploiement des régies financières à l’intérieur du pays. Ils ont également encouragé le Gouvernement à prendre des mesures incitatives destinées à relancer l’économie, par exemple en redynamisant le Cadre permanent de concertation (CPC) entre les secteurs public et privé, en vue d’améliorer progressivement le climat des affaires. Ils ont souligné la nécessité de planifier, mettre en œuvre et coordonner toutes les actions dans un cadre macroéconomique qui favorise une gestion systématique de la reconstruction du pays. A cet égard, les participants ont invité l’UA, en relation avec les institutions et les partenaires concernés, à développer une stratégie de reconstruction post-conflit.
Enfin, les participants ont lancé un appel pressant aux partenaires internationaux à poursuivre leur appui budgétaire à la RCA en 2016. Ils se sont félicités de la position de principe de l’UE, de la France, de la Banque mondiale, du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque africaine de développement (BAD), à poursuivre leurs efforts dans ce sens étant entendu que le Gouvernement aura réalisé en 2015 des progrès en matière de gestion des finances publiques, tel que souligné ci-dessus. Sur le programme de désarmement, démobilisation et de réinsertion.
Les participants se sont félicités de la signature le 10 mai 2015 de l’Accord sur les principes du DDRR et d’Intégration dans les corps en uniforme de l’Etat Centrafricain entre le gouvernement de transition et les Groupes armés. En conformité avec l’article 4 de l’Accord, dans l’attente de la mobilisation des ressources pour le DDRR et en vue de créer un climat apaisé pour la tenue des élections, les participants se sont félicités de la mobilisation par la MINUSCA de 10 millions de dollars qui ont permis de lancer les activités pré-DDRR à Bangui et à l’intérieur du pays, à travers le regroupement, le désarmement, l’identification et la sensibilisation des combattants des différents groupes armés signataires pour leur prise en charge future par le Gouvernement de transition appuyé par la MINUSCA.
Les participants ont exhorté la communauté internationale à poursuivre son appui aux autorités de la Transition en mobilisant les financements nécessaires à la mise en œuvre du programme DDRR, dont le montant s’élève à 28.5 millions de dollars et 20 millions de dollars pour le programme complémentaire de réduction de la violence communautaire (CVR).
Les participants ont demandé aux autorités de la transition de poursuivre la réflexion sur toutes les possibilités d’adapter le DDRR aux réalités du terrain, en tenant compte des contraintes financières et autres auxquelles doit faire face le pays. Sur la réforme du secteur de la sécurité.
Les participants ont souligné la nécessité pour les autorités de transition d’organiser une discussion politique avec l’ensemble des acteurs nationaux en vue d’aboutir à un consensus et à une compréhension commune des priorités de sécurité nationale et des réformes à entreprendre dans le secteur de la défense et de la sécurité. Ils ont à cet égard, relevé que ces réformes constitueront la priorité du Gouvernement qui sera issu des prochaines élections. Ils ont souligné que le projet de réforme du secteur de la sécurité devra consister en un cadre stratégique sécuritaire comprenant une politique nationale de sécurité dans une démarche inclusive comprenant des acteurs civils, étatiques et on-étatiques en vue de créer les futures conditions d’un contrôle démocratique sur les institutions de sécurité.
Les participants se sont félicités des avancées enregistrées avec l’appui de EUMAM aux secteurs de la défense et de la sécurité. Ils ont souligné la nécessité de poursuivre les efforts de réorganisation des FACA, en vue de leur déploiement progressif, selon des normes convenues, en étroite coordination avec la MINUSCA et les autres partenaires concernés. Sur le suivi des Conclusions de la réunion du GIC-RCA.
Les participants ont demandé à la Médiation internationale, avec l’appui du G8-RCA, d’assurer le suivi des dispositions pertinentes des présentes Conclusions, en particulier en ce qui concerne l’élaboration de la nouvelle Constitution et la tenue des élections. Remerciements et prochaine réunion.
Les participants ont remercié la Commission de l’Union africaine pour l’organisation de la 8ème réunion du GIC-RCA et pour l’accueil qui leur a été réservé. Ils ont exprimé leur appréciation au G8-RCA pour la bonne préparation de la réunion. Les participants sont convenus de tenir leur prochaine réunion à Bangui, en octobre/novembre 2015, à une date qui sera fixée après consultations.

16 mars 2015 – 7ème réunion du GIC-RCA (G8-RCA) à Brazzaville (R. du Congo)
Le Groupe international de contact sur la République centrafricaine (GIC-RCA) a tenu sa 7ème réunion à Brazzaville, le 16 mars 2015, sous la coprésidence de M. Basile Ikouebe, Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération de la République du Congo, et de l’Ambassadeur Smaïl Chergui, Commissaire à la paix et à la sécurité de l’Union africaine (UA). Les pays et organisations suivantes ont pris part à la réunion : Afrique du Sud, Algérie, Angola, Australie, Brésil, Burundi, Cameroun, Chine, République du Congo, République démocratique du Congo (RDC), Égypte, États-Unis d’Amérique, France, Gabon, Guinée Équatoriale, Japon, Libye, Luxembourg, Nigeria, République centrafricaine (RCA), Russie, Royaume-Uni, Rwanda, Soudan, Tchad, Turquie, Zimbabwe, Banque africaine de développement (BAD), Banque mondiale, Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), Fonds monétaire international (FMI), Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA), Mission de l’UA pour la Centrafrique et l’Afrique centrale (MISAC), Organisation de la Coopération islamique (OCI), Organisation internationale de La Francophonie (OIF), Union africaine (UA), Union européenne (UE) et Bureau régional des Nations unies pour l’Afrique centrale (UNOCA).
Les participants ont noté avec satisfaction la mobilisation continue de la région en appui au processus de paix et de réconciliation en RCA, ainsi qu’en témoigne la Concertation des chefs d’État et de Gouvernement de la CEEAC tenue en marge de la 24ème session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de Gouvernement de l’UA, qui a eu lieu à Addis Abéba les 30 et 31 janvier 2015. Ils ont saisi cette occasion pour saluer l’engagement de l’ensemble des dirigeants de la région, en particulier les Présidents Idriss Déby Itno de la République du Tchad, Président en exercice de la CEEAC, Denis Sassou Nguesso de la République du Congo, Médiateur international dans la crise centrafricaine, et Eduardo dos Santos de la République d’Angola, Président en exercice de la CIRGL, pour leur soutien continu aux autorités de la transition et au processus de sortie de crise en RCA. Ils ont également salué la détermination dont la région fait preuve dans la lutte contre le groupe terroriste Boko Haram, ainsi que l’action entreprise par l’UA pour neutraliser l’Armée de résistance du Seigneur (LRA), qui participent toutes des efforts d’ensemble visant à promouvoir la paix, la sécurité et la stabilité dans l’ensemble de la région de l’Afrique centrale, y compris la RCA. Les participants ont souligné que la poursuite des activités du GIC-RCA, notamment la tenue de la 7ème réunion du Groupe, est une illustration supplémentaire de la solidarité de la communauté internationale envers le peuple centrafricain. Ils ont exprimé la détermination de leurs organisations et pays respectifs à continuer à accompagner les autorités et le peuple centrafricains, en vue de la réalisation de leur aspiration à la paix et à la réconciliation nationale. Les participants ont noté que la 7ème réunion du GIC-RCA s’est tenue à la veille d’échéances cruciales pour le processus de transition, qui nécessitent le renforcement de l’appropriation nationale, la prise des décisions politiques attendues et l’accélération du rythme de mise en œuvre de la Feuille de route de la transition, ainsi que la mobilisation d’importantes ressources financières. Il s’agit notamment du Forum prévu à Bangui en avril 2015, du programme de désarmement, de démobilisation et de réinsertion (DDR) et de la réforme du secteur de la sécurité (RSS), ainsi que des élections législatives et présidentielle qui marqueront la fin de la transition. Les participants ont examiné l’évolution de la situation en RCA depuis la 6ème réunion du GIC-RCA, tenue à Bangui, le 11 novembre 2014, sur la base des communications faites par le Premier ministre de la RCA et des membres de sa délégation, les Représentants spéciaux en RCA de l’UA, des Nations unies et de la CEEAC et le représentant de la Banque mondiale, et ce au nom du Groupe de coordination pour la préparation et le suivi des réunions du GIC-RCA (G8-RCA), ainsi que des échanges qui ont suivi.
Sur les aspects politiques et sécuritaires
Les participants ont noté avec satisfaction la poursuite du processus politique engagé à Brazzaville avec la signature de l’Accord de cessation des hostilités du 23 juillet 2014, notamment la mise en œuvre de sa phase II. À cet égard, ils ont relevé que les consultations à la base se sont déroulées sur l’ensemble du territoire centrafricain, ainsi que dans les pays limitrophes qui abritent des sites de réfugiés centrafricains, avec la participation active des populations concernées. Les participants se sont félicités du caractère inclusif et représentatif de ces consultations. Les participants ont salué l’engagement des autorités de la transition à faire aboutir le processus de transition. Ils ont pris note de la mise en place de la Commission préparatoire du Forum national de Bangui, prévu en avril 2015, et du soutien technique et financier apporté par la MINUSCA, les Nations unies, la CEEAC et l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), ainsi que par d’autres acteurs. Ils ont exhorté la Commission préparatoire à promouvoir une participation aussi inclusive que possible au Forum, pris note du rapport à mi-parcours qu’elle a élaboré et salué le travail accompli à ce jour dans la préparation du Forum, dont le rôle est crucial pour la promotion de la réconciliation nationale. De même, les participants ont exhorté les autorités de la transition à persévérer dans leurs efforts visant à promouvoir la bonne gouvernance ainsi que la réconciliation nationale, sans pour autant sacrifier la recherche de la vérité sur les crimes passés et la lutte contre l’impunité. Les participants ont reconnu l’importance de concentrer les efforts autour du processus politique engagé le 23 juillet 2014 à Brazzaville, qui doit se poursuivre avec la signature d’un accord sur le désarmement des groupes armés et la tenue du Forum de Bangui. À cet égard, ils ont rappelé les dispositions pertinentes du communiqué de la CEEAC du 31 janvier 2015 et la volonté des populations centrafricaines de voir le processus politique se dérouler en terre centrafricaine et, partant, d’éviter toute initiative parallèle en dehors de la RCA. Ils ont lancé un appel à la communauté internationale pour qu’elle apporte l’appui financier nécessaire pour la tenue du Forum. Les participants ont lancé un appel aux autorités de la transition afin qu’elles garantissent le respect de la Charte constitutionnelle de transition, notamment sur la question de l’inéligibilité. À cet égard, ils ont souligné que la communauté internationale est attentive au respect par la classe politique centrafricaine des engagements pris en prélude aux Accords de Libreville de janvier 2013, et que tout doit être fait pour que le référendum prévu en vue de l’adoption d’une nouvelle Constitution ne soit pas instrumentalisé par des acteurs politiques pour revenir sur la clause d’inéligibilité contenue dans la Charte de transition. Ils ont appelé au strict respect de la clause d’inéligibilité des acteurs politiques frappés par les sanctions prises par le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’UA et/ou par le Conseil de sécurité des Nations unies, ainsi que des autorités de la transition. Les participants ont noté que la situation sécuritaire dans son ensemble enregistre une nette amélioration, relevant que les efforts déployés par les Forces internationales sur l’ensemble du territoire centrafricain ont contribué à réduire les confrontations directes entre les groupes armés et les exactions sur les populations civiles. Ils ont salué l’intervention des Forces internationales dans la ville de Bria, qui a permis le retour sous le contrôle de l’État centrafricain des bâtiments administratifs qui étaient illégalement occupés par les groupes armés. Ils ont noté que cette intervention a lancé un signal fort en direction des groupes armés dans les autres Préfectures, les amenant à finalement évacuer les bâtiments administratifs qu’ils occupaient. Les participants ont cependant déploré la persistance d’actes de banditisme, notamment l’enlèvement de personnels d‘organisations internationales et non- gouvernementales, ainsi que celui d’un membre du Gouvernement de transition, et ce consécutivement à l’arrestation d’un dirigeant anti-balaka. Ils ont fermement condamné ces actes de violence, encourageant la MINUSCA, dans le cadre de son mandat, à prendre toutes les mesures jugées nécessaires en vue de la protection effective de la population civile et de la restauration définitive de la sécurité. Ils ont mis en garde les fauteurs de troubles, et souligné que ces derniers seront tenus responsables de leurs actes, conformément au régime de sanctions prévues par les résolutions 2127 (2013), 2134 (2014) et 2149 (2014) du Conseil de sécurité, ainsi que par les communiqués pertinents du CPS de l’UA. Ils ont exhorté les autorités centrafricaines à traduire devant les juridictions nationales et internationales compétentes les auteurs de ces actes. Les participants ont noté avec satisfaction les efforts que déploient les autorités de la transition, avec l’appui de la communauté internationale, pour combattre l’impunité, et ce à travers la reprise du fonctionnement du système judiciaire. Ils se sont, à cet égard, félicités de la création d’une Cour pénale spéciale chargée d’enquêter, d’instruire et de juger les crimes graves commis en RCA. Ils ont exhorté les autorités centrafricaines à effectivement mettre en place cette Cour, et appelé la communauté internationale à contribuer au financement de son opérationnalisation, ainsi qu’au rétablissement des tribunaux et des prisons à l’intérieur du pays, notant que la sécurité s’y est améliorée. Les participants ont réitéré leur appel à toutes les parties, notamment les responsables des ex-Séléka et des anti-Balaka, ainsi qu’à tous les autres groupes armés signataires de l’Accord de cessation des hostilités de Brazzaville, à reprendre la voie du dialogue. Ils ont souligné que le dialogue est la seule issue viable vers une réconciliation et une paix durables, en même temps qu’il constitue une condition essentielle à la mise en œuvre réussie du mandat de la MINUSCA, avec le soutien des Forces internationales.
Sur les aspects humanitaires
Les participants ont exprimé leur préoccupation face aux déplacements internes provoqués par les violences enregistrées au nord-est du pays. Ils ont, par contre, noté une baisse du nombre des déplacés internes à Bangui. Ils ont exprimé leur satisfaction pour les efforts déployés par les acteurs humanitaires, et ont réitéré leur appréciation aux pays voisins qui accueillent encore environ 420 000 réfugiés centrafricains. Ils ont lancé un appel aux groupes armés pour qu’ils cessent les violences contre les humanitaires et les civils, et n’entravent pas l’accès des humanitaires aux populations civiles, dans le respect du droit international humanitaire. Les participants ont rappelé aux autorités de la transition la recommandation de la 6ème réunion du GIC-RCA sur le démantèlement du camp de déplacés internes se trouvant à l’aéroport de Bangui avant la tenue de la 7ème réunion du Groupe et la création de conditions propices au respect de la liberté de circulation, ainsi qu’au retour des personnes déplacées et réfugiées, au renforcement des capacités de prise en charge des services sociaux de base et à la poursuite des efforts déployés dans le cadre des activités de promotion de la cohésion sociale et du dialogue intercommunautaire. Ils ont réitéré la nécessité de mettre en œuvre cette recommandation. Par ailleurs, ils ont exhorté la communauté internationale à poursuivre les efforts consentis s’agissant de la création de conditions propices au retour des déplacés, notamment à travers la restauration des services sociaux de base et le redéploiement de l’administration, ainsi que par le développement d’activités génératrices de revenus.
Sur le processus électoral
Les participants ont pris acte de la décision du Médiateur international dans la crise centrafricaine, le Président Denis Sassou Nguesso, de proroger la transition de six mois, jusqu’au 15 août 2015, et ce conformément à l’article 102 de la Charte constitutionnelle de transition et aux recommandations pertinentes de la 6ème réunion du GIC-RCA. Les participants ont demandé aux autorités de la transition, ainsi qu’à l’Autorité nationale des Élections (ANE), de prendre d’urgence les dispositions politiques, juridiques, financières et matérielles nécessaires pour accélérer le processus électoral et faciliter la tenue, avant août 2015 au plus tard, d’élections libres, transparentes et crédibles qui marqueront la fin de la transition. À cet égard, ils ont demandé à l’ANE d’organiser, sur une base hebdomadaire, des points de situation avec le G8-RCA, afin de faire l’état des progrès accomplis dans la préparation des élections, ainsi que de poster sur son site web une matrice des actions concrètes à entreprendre, de manière à tenir le public informé à temps réel de l’évolution du processus électoral. Les participants se sont félicités de la mise en place du projet du Programme d’appui au cycle électoral centrafricain (PACEC), signé le 25 novembre 2014, instituant un Fonds fiduciaire (Basket Fund), afin de permettre la mobilisation de ressources financières à hauteur de 44 millions de dollars. Ils se sont, par ailleurs, réjouis des contributions déjà faites, et ont demandé à tous ceux qui ont fait des promesses de contributions d’honorer leurs engagements pour combler le déficit de 18 millions de dollars identifié à ce jour. Ils ont également lancé un appel à d’autres partenaires internationaux pour qu’ils contribuent au financement du processus électoral. Dans ce contexte, ils ont salué la décision de l’Union européenne (UE) de procéder au décaissement par tranches de la somme de 20 millions d’euros – dont 8 millions ont déjà été versés – allouée au processus électoral, pour le lancement des opérations y relatives. Ils se sont également félicités de l’annonce faite par l’UA sur le décaissement, dans les toutes prochaines semaines, d’une première contribution de 500 000 dollars américains en appui au processus electoral.
Sur la situation économique et financière
Les participants ont pris note de l’amélioration de la situation économique et financière imputable au retour progressif de la sécurité à Bangui, auquel les Forces internationales, à savoir l’Opération EUFOR-RCA et l’Opération Sangaris, ont contribué, ainsi qu’à la sécurisation du corridor Douala-Bangui. Ils ont cependant noté que la destruction de l’appareil productif a encore un impact négatif sur les recettes de l’État et la croissance économique. Les participants ont appelé les autorités de la transition à mettre en œuvre les réformes relatives à la gestion des finances publiques, y compris la mise en place d’une Agence comptable centrale du Trésor et l’adoption de mesures propres à juguler la fraude fiscale et douanière, à réinstaller les régies financières à l’intérieur du pays au fur et à mesure que l’autorité de l’État est restaurée, ainsi qu’à redynamiser le Cadre permanent de concertation (CPC) entre les secteurs public et privé, de manière à améliorer progressivement le climat des affaires. Les participants ont lancé un appel pressant aux partenaires internationaux pour qu’ils fournissent un appui budgétaire supplémentaire pour résorber le déficit actuel. Ils se sont félicités des dispositions qui sont en train d’être prises par l’UE, la Banque mondiale, le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque africaine de développement (BAD), en vue de la mise à disposition d’un appui budgétaire supplémentaire.
Sur le programme de désarmement, de démobilisation et de réinsertion
Les participants ont salué l’engagement de la MINUSCA à appuyer les autorités de la transition pour élaborer une stratégie nationale de DDR basée sur une approche communautaire, afin de rompre avec les processus DDR du passé et d’assurer la participation active de la population. Ils ont exhorté les autorités de la transition à définir rapidement cette nouvelle approche, qui devra s’inscrire dans un cadre global de relance du développement, être étroitement liée à la réforme du secteur de la sécurité et promouvoir des solutions durables pour la sortie de crise en RCA. Dans ce cadre, les participants ont salué le lancement de la Mission de conseil militaire de l’UE en République centrafricaine (EUMAM RCA). Les participants ont reconnu l’existence de défis liés à l’identification et à la sélection des candidats potentiels au DDR pour les différents groupes armés, ainsi qu’à la détermination des effectifs et des critères d’éligibilité pour garantir la participation au programme DDR des seuls candidats véritablement éligibles. Les participants ont exprimé leur préoccupation face au retard accusé dans la mobilisation des fonds nécessaires pour le regroupement des combattants des différents groupes armés – opération indispensable pour le retour progressif de la stabilité dans le pays, ainsi que pour le désarmement, la démobilisation et, plus spécialement, les programmes de réintégration communautaire et ceux de réduction de la violence communautaire (RVC), qui exigent des moyens importants et dont la mise en œuvre garantira la durabilité des résultats enregistrés. Ils ont lancé un appel à la communauté internationale pour la mobilisation d’au moins 20 millions de dollars américains. Les participants ont rappelé aux autorités de la transition l’obligation qui leur incombe d’entreprendre un programme de RSS conforme à la résolution 2121 (2013) du Conseil de sécurité des Nations unies, laquelle insiste sur la nécessité de la constitution de forces de sécurité «professionnelles, équilibrées et représentatives» et encourage les Nations unies et le Gouvernement centrafricain à collaborer étroitement en ce qui concerne les requêtes introduites auprès du Conseil de sécurité des Nations unies pour l’obtention des dérogations permettant l’importation d’armes et de munitions, dans le cadre fixé par ladite résolution. Les participants ont salué les initiatives déjà entreprises par la MINUSCA dans le cadre des programmes pré-DDR, et ce par le lancement de projets communautaires à petite échelle impliquant les combattants et les communautés locales, contribuant ainsi à jeter les bases de la sécurisation et de la stabilisation au niveau communautaire. Ils ont lancé un appel pour la mobilisation de 3 millions de dollars américains pour le regroupement de 5 000 combattants pour une période de 6 mois dans le cadre de la mise en œuvre de l’article 4 de l’Accord de cessation des hostilités de Brazzaville.
Sur le suivi des Conclusions de la réunion du GIC-RCA
Les participants ont demandé à la Médiation internationale, avec l’appui du G8-RCA, d’assurer le suivi des dispositions pertinentes des présentes Conclusions, en particulier en ce qui concerne le parachèvement du processus lancé à Brazzaville, avec l’organisation du Forum de Bangui, l’élaboration de la nouvelle Constitution et la tenue des élections. Les participants se sont réjouis de l’initiative de l’UE d’organiser une conférence de mobilisation de nouveaux donateurs autour du Fonds Bekou, le 24 avril 2015, à Bruxelles.
Remerciements et prochaine réunion
Les participants ont remercié les autorités congolaises pour l’organisation de la 7ème réunion du GIC-RCA et pour l’accueil qui leur a été réservé. Ils ont exprimé leur appréciation au G8-RCA pour la bonne préparation de la réunion. Les participants ont convenu de tenir leur prochaine réunion à Addis Abéba, au mois de juin 2015, à une date qui sera fixée après consultations.

11 novembre 2014 – 6ème réunion du GIC-RCA (G8-RCA)
Sixième reunión du Groupe international de contact sur la République Centrafricaine (GIC-RCA) tenue à Bangui (République Centrafricaine).
La cérémonie d’ouverture a été marquée par les allocutions prononcées par le chef de l’État de Transition, Mme Catherine Samba-Panza ; le Commissaire à la Paix et à la Sécurité de l’UA; le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies et chef de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en RCA (MINUSCA); le Représentant du Secrétaire général de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC); le Ministre des Affaires étrangères et de l’Intégration africaine de la République du Tchad, au titre de la présidence en exercice de la CEEAC; et le Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération de la République du Congo.
Les participants ont relevé que la 6ème réunion du GIC-RCA s’est tenue après la réunion de haut niveau sur la RCA organisée sous les auspices du Secrétaire général des Nations unies à New York, le 26 septembre 2014, et qu’elle sera suivie, les 24 et 25 novembre 2014, à Ndjamena, du 16ème Sommet ordinaire de la CEEAC, qui examinera la situation en RCA.  Ils ont saisi cette occasion pour réitérer leur gratitude à l’ensemble des dirigeants de la région, en particulier les Présidents Idriss Déby Itno de la République du Tchad, Président en exercice de la CEEAC, et Denis Sassou Nguesso de la République du Congo, Médiateur dans la crise centrafricaine, pour leur engagement continu. Ils ont exhorté les acteurs centrafricains à prendre pleinement avantage de cette mobilisation internationale pour accélérer le processus de sortie de crise en RCA.
Les participants ont  examiné l’évolution de la situation en RCA depuis la 5ème réunion du GIC-RCA, tenue à Addis Abéba, le 7 juillet 2014, sur la base des communications faites par le Premier ministre de la RCA et d’autres membres de sa délégation, des présentations faites par les Représentants spéciaux en RCA de l’UA, des Nations unies et de la CEEAC, les représentants de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI), et ce au nom du Groupe de coordination pour la préparation et le suivi des réunions du GIC-RCA (G8-RCA), ainsi que des interventions de différents autres acteurs internationaux impliqués dans la gestion de la crise centrafricaine.
I. Sur les questions de sécurité et de justice
Les participants ont relevé que la 6ème réunion du GIC-RCA a eu lieu un peu moins de deux mois après le transfert réussi d’autorité entre la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA) et la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en RCA (MINUSCA). Ils ont félicité la MISCA pour le travail accompli, avec le soutien de l’Opération Sangaris et de l’Opération EUFOR-RCA, qui a permis de mener à bien la phase initiale de stabilisation de la situation en RCA. Ils ont exprimé leur appréciation à l’UA et aux Nations unies pour avoir assuré une transition harmonieuse. Les participants ont affirmé leur soutien à la MINUSCA dans la mise en œuvre de son mandat, conformément à la résolution 2149 (2014) du Conseil de sécurité. Ils ont encouragé les Nations unies à poursuivre et à accélérer les mesures en cours en vue de la montée en puissance rapide de la Mission. Ils ont lancé un appel pour la mobilisation de tout le soutien dont la MINUSCA a besoin, afin qu’elle puisse s’acquitter effectivement de son mandat sur toute l’étendue du territoire national.
Les participants ont noté qu’en dépit des améliorations enregistrées, la situation sécuritaire reste précaire, ainsi qu’en témoignent les incidents survenus à Bangui au cours du mois d’octobre 2014.  Ils ont fermement condamné les actes de violence qui ont été commis et les attaques dirigées contre la MINUSCA, encourageant la Mission, dans le cadre de son mandat, à prendre toutes les mesures jugées nécessaires en vue de la protection effective de la population civile et de la restauration définitive de la sécurité. Ils ont  mis en garde les fauteurs de troubles, et souligné que ces derniers seront tenus responsables de leurs actes, conformément au régime de sanctions prévues par les résolutions 2127 (2013), 2134 (2014) et 2149 (2014) du Conseil de sécurité, ainsi qu’aux communiqués pertinents du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’UA. Ils ont exhorté les autorités centrafricaines à traduire devant les juridictions nationales et internationales compétentes les auteurs de ces actes criminels.
Les participants ont rappelé aux signataires de l’Accord de cessation des hostilités signé le 23 juillet 2014 l’importance que revêt la mise en œuvre dudit Accord pour garantir une sortie de crise consensuelle en RCA. Ils ont, en particulier, appelé à l’application des articles 4 et 8 dudit Accord, notamment le Mécanisme de suivi des Conclusions de Brazzaville, ainsi que le regroupement de tous les ex-combattants et éléments armés des groupes signataires. À cet effet, ils ont lancé un appel aux partenaires bilatéraux et multilatéraux pour qu’ils contribuent à l’opérationnalisation dudit Mécanisme dans les meilleurs délais. Ils ont demandé à la Médiation internationale d’aider à la conclusion rapide d’un accord sur le désarmement des groupes armés.
Les participants ont noté avec satisfaction les efforts des autorités de  transition, avec l’appui de la communauté internationale, visant à la reprise du fonctionnement du système judiciaire, afin de combattre l’impunité. À cet effet, et conformément  à la résolution 2149 (2014), ils se sont réjouis de la signature, en août 2014, du  Protocole d’accord sur les mesures temporaires d’urgence, qui prévoit notamment la création d’une Cour pénale spéciale chargée d’enquêter, d’instruire et de juger les crimes graves commis en RCA. Ils ont  demandé la mise en œuvre dudit Protocole sans délai.
Les participants ont rappelé que la stabilisation de la situation sécuritaire relève d’abord et avant tout de la responsabilité des acteurs centrafricains. À cet égard, ils ont réitéré leur appel à toutes les parties, notamment les responsables des ex-Séléka et des anti-Balaka, ainsi qu’à tous les autres groupes armés signataires de l’Accord de cessation des hostilités de Brazzaville, à reprendre la voie du dialogue, qui est la seule issue viable vers  une réconciliation et une paix durables, en même temps qu’elle constitue une condition essentielle  à la mise en œuvre réussie du mandat de la MINUSCA, avec le soutien des forces internationales.  Ils se sont félicités des consultations entreprises par le Gouvernement, appuyé par le G8-RCA, avec les différentes tendances des ex-Séléka, et ont demandé que des consultations similaires soient entreprises avec les anti-Balaka.
Les participants ont souligné le rôle important que doivent jouer les forces de sécurité intérieure centrafricaines (gendarmerie et police) dans le rétablissement de la sécurité, en coordination avec la MINUSCA. Ils ont appelé au renforcement de leurs capacités et à leur professionnalisation dans les plus brefs délais possibles. Ils ont, à nouveau, demandé aux autorités centrafricaines d’engager au plus tôt le processus de refonte des Forces armées centrafricaines (FACA), en vue de mettre en place une armée professionnelle, équilibrée et représentative, y compris l’adoption de mesures d’absorption des éléments des groupes armés répondant à des critères de sélection rigoureux, ainsi que d’autres mesures concernant la reconversion d’une partie des FACA. À cet effet, les participants ont lancé un appel à la communauté internationale pour un accompagnement harmonieux et concerté de la réorganisation progressive des FACA, y compris à travers des mesures de formation et de conseil, comme celles mises en œuvre par l’Union européenne (UE) au Mali et en Somalie – (EU/Training Mission).
II. Sur le plan humanitaire
Les participants se sont dits préoccupés par l’état précaire de la situation humanitaire en RCA, et ont condamné sans équivoque les violations graves du droit international humanitaire et du droit international des droits de l’homme, notamment l’utilisation de civils, femmes et enfants comme boucliers humains par les groupes politico-militaires, ainsi que les attaques et pillages visant les personnels humanitaires et leurs biens.
Les participants se sont dits préoccupés par l’impact de l’insécurité sur l’accès des humanitaires aux populations vulnérables. Ils ont lancé un appel aux autorités de transition et aux forces internationales pour promouvoir le respect de l’espace humanitaire en RCA. Ils ont, en outre, lancé un appel aux groupes armés pour qu’ils cessent les violences contre les humanitaires et les civils, et n’entravent pas l’accès des humanitaires aux populations civiles, dans le respect du droit international humanitaire.
Les participants ont noté avec satisfaction les efforts déployés par les acteurs humanitaires, et réitéré leur appréciation aux pays voisins qui accueillent encore environ 420 000 réfugiés centrafricains. Ils ont lancé un appel pressant à la communauté internationale en vue de la mobilisation de ressources additionnelles, notant à cet égard qu’un montant total de  229 millions de dollars est requis pour couvrir les besoins identifiés dans le cadre  du Plan de réponse stratégique 2014 visant à pallier la crise humanitaire.
Les participants ont instamment demandé aux autorités de transition de créer les conditions propices au retour des personnes déplacées et réfugiées, au renforcement des capacités de prise en charge des services sociaux de base, et au maintien des projets spécifiques en faveur des femmes et des enfants. Dans ce contexte, ils ont demandé que des efforts plus soutenus soient déployés par tous les acteurs concernés, y compris le Gouvernement de transition et les agences humanitaires, pour créer les conditions du démantèlement du camp de déplacés se trouvant actuellement à l’aéroport international de Bangui et trouver une solution durable pour les populations concernées. Ils ont exprimé le souhait que cet objectif puisse être réalisé avant la prochaine réunion du GIC-RCA.  Les participants ont également demandé que des dispositions urgentes soient prises pour décloisonner et sécuriser le PK 5 à Bangui.
III. Sur les questions politiques et le processus electoral
Les participants ont salué la tenue, du 21 au 23 juillet 2014, du Forum de Brazzaville. Ils ont réitéré leur appréciation à la Médiation internationale dirigée par le Président Denis Sassou Nguesso de la République du Congo et comprenant M. Soumeylou Boubèye Maïga, au nom de l’UA, et Abdoulaye Bathily, au nom des Nations unies, ainsi que la CEEAC en tant que rapporteur, et l’ont encouragée à poursuivre son action. Ils ont souligné la nécessité pour les acteurs centrafricains de redoubler d’efforts, afin d’assurer le suivi effectif des Conclusions du Forum de Brazzaville.
Les participants ont pris note de la formation du Gouvernement de transition, le 22 août 2014. Ils ont instamment demandé à toutes les composantes de la nation centrafricaine d’agir dans l’intérêt supérieur de leur pays, en assurant la cohésion entre les institutions de transition, et à travailler résolument à la mise en œuvre de la Feuille de route de transition. Dans ce contexte, ils se sont réjouis de la volonté des autorités de transition d’orienter l’action de l’État vers la restauration de la sécurité comme préalable au succès du dialogue inclusif et de réconciliation, ainsi qu’au bon déroulement des élections.
Les participants ont pris acte de la suggestion faite à la classe politique centrafricaine de jumeler les phases 2 et 3 du processus politique. Conformément aux Conclusions de la 5ème réunion du GIC-RCA, ils ont demandé au Gouvernement de transition d’organiser, au plus tard en janvier 2015, le Forum de Bangui. Ce Forum devra s’articuler autour des questions suivantes: dialogue, vérité, justice, lutte contre l’impunité et réconciliation nationale; aspects sécuritaires, y compris le DDR et la RSS, ainsi que l’utilisation d’enfants soldats; les principes généraux devant guider l’élaboration de la nouvelle Constitution et les questions électorales; la gouvernance et l’assistance aux populations affectées.
Afin de garantir la tenue du Forum de Bangui dans les meilleurs délais et conditions, les participants ont demandé la mise en place par le Gouvernement de transition d’un Comité préparatoire, chargé, en concertation étroite avec la Médiation internationale et avec l’appui du G8-RCA, de la préparation dudit Forum, y compris les aspects relatifs à la participation, qui doit être la plus inclusive que possible. Ils se sont félicités de la volonté du Gouvernement de transition d’organiser un dialogue au niveau des préfectures à travers les Ministres résidents, notamment à l’occasion de la Fête nationale de l’Indépendance, le 1er décembre 2014. Ils ont demandé aux membres du GIC-RCA de contribuer au financement du Forum de Bangui et à la mobilisation de l’expertise requise.
Les participants ont pris note du fait que l’échéance électorale de février 2015 n’est plus techniquement tenable. À cet égard, et conformément à l’article 102 de la Charte constitutionnelle de transition, ils ont demandé au Médiateur international dans la crise centrafricaine, le Président Denis Sassou Nguesso, de procéder à une extension de six mois de la transition (août 2015).
Les participants ont demandé aux autorités de transition, ainsi qu’à l’Autorité nationale des Élections (ANE), de prendre d’urgence les dispositions politiques, juridiques, financières et matérielles nécessaires pour accélérer le processus électoral et faciliter la tenue, avant août 2015 au plus tard, d’élections libres, transparentes et crédibles qui marqueront la fin de la transition. Ils ont souligné que la prise de ces dispositions faciliterait significativement la mobilisation des ressources financières et du soutien matériel requis, notant à cet égard avec satisfaction la contribution du Gouvernement d’un montant d’un milliard de francs CFA. Ils ont demandé que la question du vote des personnes déplacées et des réfugiés, y compris leur enregistrement sur le fichier électoral, soit une priorité. Ils ont rappelé l’impératif du respect de la clause d’inéligibilité de toutes les autorités de transition, tel que stipulé dans la Charte constitutionnelle de transition et conformément aux instruments pertinents de l’UA. À cet égard, ils se sont félicités de la réaffirmation par le chef de l’État de  transition de son attachement à cette clause d’inéligibilité,  et attendent de tous les autres acteurs centrafricains concernés qu’ils prennent des engagements similaires. Ils ont souligné avec force que la communauté internationale ne soutiendrait pas la tenue d’élections organisés en violation de cette clause, pas plus qu’elle n’en reconnaîtrait les résultats.
Les participants ont noté avec satisfaction les efforts fournis par le Gouvernement en vue de déployer l’administration déconcentrée et territoriale, ainsi que de renforcer l’administration centrale, aux fins d’apporter un appui à l’organisation des élections.  Ils ont encouragé le Gouvernement à poursuivre et à renforcer ces efforts.
Les participants ont reconnu l’importance cruciale que revêt le processus d’élaboration de la nouvelle Constitution, qui doit sceller le vouloir-vivre ensemble de toutes les composantes de la nation centrafricaine et en marquer la refondation. Dans ce contexte, ils ont souligné la nécessité d’une participation inclusive de toutes les composantes et forces vives de la nation. En conséquence, ils ont exhorté l’ensemble des partenaires de la RCA à apporter le soutien nécessaire, en vue de l’aboutissement de ce processus.
IV. Sur la situation économique et financière
Les participants ont exprimé leur préoccupation face à la situation économique et financière précaire en RCA, et ont rappelé le lien indissociable entre la stabilité politique et sécuritaire, d’une part, et le redémarrage des secteurs clés de l’économie, de l’autre. Ils ont encouragé les autorités de transition à poursuivre les efforts engagés en matière de mobilisation de ressources domestiques, notamment les recettes douanières, dans le plein respect de l’orthodoxie financière, afin de couvrir les dépenses liées au fonctionnement de l’État.
Les participants ont souligné que le retour durable à la paix et à la stabilité en RCA est conditionné par la relance de l’économie, avec des perspectives concrètes pour l’emploi des jeunes. Dans ce contexte, ils ont salué la poursuite, particulièrement à Bangui, de l’exécution des travaux à haute intensité de main d’œuvre (THIMO) et leur extension aux agglomérations de l’intérieur. Ils ont également appelé au renforcement des projets dans l’arrière-pays, notamment dans les régions de l’Est et du Nord Est, où le besoin de développement est particulièrement criant.
Les participants ont appelé les autorités de transition à promouvoir davantage la gouvernance financière et économique, celle-ci étant indispensable au rétablissement de la confiance des opérateurs économiques, à l’attraction de nouveaux investisseurs privés, à la relance économique et à la mobilisation de l’aide financière internationale nécessaire. À cet effet, ils ont demandé aux autorités de transition de mettre en œuvre les réformes relatives à la gouvernance économique et financière, y compris celles visant l’opérationnalisation du Comité national stratégique de la coordination de l’aide, la refondation du Cadre permanent de concertation (CPC) entre les secteurs public et privé, ainsi que la mise en œuvre du Programme d’urgence et de relèvement durable (PURD).
Les participants ont noté avec satisfaction les appuis budgétaires extérieurs apportés à la RCA en 2014. Ils ont encouragé les amis et partenaires de la RCA, ainsi que les institutions financières régionales et internationales, à poursuivre leur appui au fonctionnement et à la stabilité de l’État centrafricain, en particulier à assurer la couverture des besoins de financement pour 2015.
V. Sur le suivi des Conclusions de la réunion du GIC/RCA
Les participants ont demandé à la Médiation internationale, avec l’appui du G8-RCA, d’assurer le suivi des dispositions pertinentes des présentes Conclusions, en particulier en ce qui concerne le parachèvement du processus lancé à Brazzaville, avec l’organisation du Forum de Bangui, l’élaboration de la nouvelle Constitution et la tenue des élections.
Les participants ont demandé au G8-RCA d’élaborer, dans un délai d’une semaine, une matrice de mise en œuvre des présentes Conclusions, pour distribution à l’ensemble des membres du GIC-RCA, ainsi que de soumettre des notes mensuelles d’information faisant le point de la mise en œuvre des décisions convenues.
VI. Remerciements et prochaine reunión
Les participants ont remercié les autorités centrafricaines pour avoir facilité la bonne tenue de la 6ème réunion du GIC-RCA et pour l’accueil qui leur a été réservé. Ils ont exprimé leur appréciation au G8-RCA pour la bonne préparation de la reunión.
Les participants ont convenu de tenir leur prochaine réunion à Brazzaville, au mois de février 2015, à une date qui sera fixée après consultations.

11 novembre 2014 – L’Autorité Nationale des Élections propose un calendrier électoral 2015 révisé
Le G8 (GIC-RCA) a entériné le calendrier révisé proposé par l’Autorité Nationale des Élections (ANE) qui a introduit la tenue simultanée d’élections présidentielle et législatives à deux tours entre juin et juillet 2015. Le G8 a également entériné la tenue d’un dialogue de réconciliation national à Bangui au plus tard en janvier 2015.

11 novembre 2014 – Début du sommet du G8 (GIC-RCA) à Bangui
La 6é réunion du G8 (ex Groupe International de Contact sur la République Centrafricaine) prévue pour fin octobre 2014, a débuté aujourd’hui à Bangui. Les organisations de défense des droits de l’homme, dont Human Rights Watch interpellent aux conférenciers d’appeler toutes les parties prenantes à mettre fin aux violences sectaires.

7 juillet 2014 – 5ème Réunion G8-RCA (GIC-RCA)
 Cinquième reunión du Groupe international de contact sur la République Centrafricaine (GIC-RCA) tenue à Addis-Abeba (Ethiopie).
Le Groupe international de contact sur la République centrafricaine (GIC-RCA) a tenu sa 5ème réunion, à Addis Abéba, le lundi 7 juillet 2014, sous la coprésidence de M. Basile Ikouebe, Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération de la République du Congo, et de l’Ambassadeur Smaïl Chergui, Commissaire à la Paix et à la Sécurité de l’Union africaine (UA).
La cérémonie d’ouverture a été marquée par les allocutions prononcées par le Commissaire à la Paix et et à la Sécurité de l’UA, l’Ambassadeur Smaïl Chergui; le Secrétaire général adjoint des Nations unies chargé des opérations de maintien de la paix, M. Hervé Ladsous; le Secrétaire général de la CEEAC, l’Ambassadeur Amad Allam-Mi; le Premier ministre, chef du Gouvernement de Transition de la RCA, M. André Nzapayéké; le Ministre des Affaires étrangères et de l’Intégration africaine de la République du Tchad, au titre de la présidence en exercice de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), M. Moussa Faki Mahamat; et le Ministre Basile Ikouebe.
Les participants ont examiné l’évolution de la situation en RCA depuis la 4ème réunion du GIC-RCA tenue à Brazzaville, le 21 mars 2014, et ce sur la base des communications faites par le Premier ministre de la RCA et d’autres membres de sa délégation, des présentations faites par les Représentants spéciaux de l’UA, des Nations unies et de la CEEAC à Bangui, au nom du Groupe de coordination pour la préparation et le suivi des réunions du GIC-RCA (G8-RCA), des interventions des différents acteurs internationaux impliqués dans la gestion de la crise et des discussions qui s’en sont suivies.
Les participants ont noté la fragilité persistante de la situation sécuritaire en RCA. Ils ont fermement condamné tous les actes de violence perpétrés par les groupes armés, notamment contre les populations civiles, y compris l’assassinat, le 24 mai 2014, de 3 musulmans à Bangui, suivi de l’attaque, le 28 mai 2014, de l’Église Notre Dame de Fatima, et les exactions commises dans la ville de Bambari, à la fin du mois de juin 2014. Ils se sont alarmés de l’accroissement des violences faites aux femmes, notamment les viols. Les participants ont noté avec préoccupation que l’Ouest du pays reste soumis à de fortes tensions découlant des affrontements entre groupes armés pour le contrôle de ressources. Ils ont aussi relevé les difficultés rencontrées dans l’application des Mesures de confiance à l’Est du pays par les groupes armés qui y sont actifs. Les participants ont toutefois noté une amélioration sensible de la situation sécuritaire ces dernières semaines, grâce à l’action de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA), avec l’appui de l’Opération française Sangaris et de l’Opération de l’Union européenne en RCA (EUFOR-RCA).
Les participants ont réitéré leur préoccupation face à l’ampleur de la crise humanitaire que connaît la RCA, notant que plus de la moitié de la population du pays a besoin d’une assistance humanitaire. Ils ont réitéré leur profonde appréciation aux pays accueillant des réfugiés centrafricains, ainsi qu’aux pays et organisations humanitaires qui contribuent à l’assistance apportée aux populations affectées. Ils ont noté avec préoccupation que sur les 565 millions de dollars nécessaires pour répondre aux besoins humanitaires, seuls 193 millions de dollars avaient été mobilisés à ce jour.
Les participants ont souligné l’impact négatif de la situation sécuritaire sur les activités économiques, notant que la croissance avait enregistré, en 2013, un recul en termes réels de 36%. Ils ont, toutefois, relevé une légère reprise de l’activité économique à Bangui, grâce à la sécurisation du corridor qui relie Bangui à la frontière camerounaise et aux apports des partenaires internationaux. Ils ont exprimé leur appréciation à ces derniers pour leur soutien économique et financier.
Les participants ont pris note des informations fournies par la délégation centrafricaine sur la mise en œuvre de la Feuille de route de la transition. Ils ont noté les efforts entrepris pour la réorganisation des Forces de défense et de sécurité et la restauration de l’autorité de l’État. Ils ont aussi relevé avec satisfaction les initiatives prises par la chef de l’État de la transition en vue d’imprimer la dynamique requise au processus de réconciliation nationale et au dialogue politique entre tous les acteurs centrafricains. En outre, ils ont relevé les efforts qu’elle a entrepris pour mobiliser la communauté internationale en faveur de la RCA.
Dans le même temps, les participants ont souligné la lenteur accusée dans la mise en œuvre de la Feuille de route, en raison d’une multiplicité de facteurs. Ils ont souligné que l’aboutissement de la transition dans les délais prévus suppose la réalisation d’avancées beaucoup plus rapides sur les différents aspects de la Feuille de route, notamment la restauration de la sécurité et de l’ordre public, ainsi que de l’administration judiciaire, la préparation des élections devant couronner la fin de la transition, la réorganisation des Forces de défense et de sécurité, la mise en œuvre des processus de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR) et de réforme du secteur de la sécurité (RSS), ainsi que les réformes économiques requises.
À cet égard, les participants ont fortement encouragé les autorités centrafricaines à engager la refonte des Forces de défense et de sécurité, y compris les Forces armées centrafricaines (FACA), conformément aux critères qui seront définis dans le cadre du dialogue politique inclusif envisagé et conformément aux principes internationaux pertinents et, dans l’intervalle, favoriser l’opérationnalisation d’unités spécifiques, pour permettre la conduite de tâches d’intérêt public. Ils ont demandé aux autorités d’envisager le désarmement de façon consensuelle, comme acte politique majeur découlant d’un dialogue politique inclusif. Ils ont recommandé la mise en place d’une Commission Vérité et Justice, pour permettre une lutte plus résolue contre l’impunité et favoriser la réconciliation.
Les participants ont instamment demandé aux autorités de transition d’accélérer les préparatifs des élections devant se tenir en février 2015 pour couronner la transition en cours et permettre la restauration de l’ordre constitutionnel. Ils ont demandé à la communauté internationale d’appuyer ces actions, y compris financièrement.
Eu égard à ce qui précède, les participants ont souligné la nécessité d’un plus grand engagement de la part des acteurs politiques et sociaux centrafricains, qui doivent s’approprier pleinement le processus en cours. Aussi, les participants ont appelé les acteurs centrafricains à œuvrer résolument en faveur de la réconciliation nationale et à s’abstenir de tous actes de nature à saper encore davantage la cohésion nationale. Ils ont, en particulier, instamment demandé aux responsables des ex-Seleka et des anti-Balaka de lancer des appels sans équivoque à leurs partisans pour qu’ils mettent fin sans délai aux attaques contre les populations civiles et à tous autres actes de violence et qu’ils cessent de se substituer aux forces de l’ordre. Ils ont encouragé les institutions de la transition à assumer pleinement les responsabilités qui sont les leurs.
Les participants ont réitéré l’engagement de leurs organisations et pays respectifs à continuer à appuyer les efforts des autorités et des parties prenantes centrafricaines. À cet égard, ils se sont félicités du rôle continu de la région, comme en témoignent le Sommet tripartite Angola-Tchad-République du Congo, tenu à Luanda, le 9 juin 2014, la Concertation entre les chefs d’État et de Gouvernement de la CEEAC, tenue à Malabo, le 27 juin 2014, en marge du 23ème Sommet ordinaire de l’UA, ainsi que le soutien financier que les pays de la région continuent à apporter à la RCA. Ils se sont aussi félicités de l’adoption, le 10 avril 2014, par le Conseil de sécurité de la résolution 2149 (2014), autorisant la transformation de la MISCA en une opération onusienne, et ont indiqué attendre avec intérêt le transfert d’autorité entre la MISCA et la MINUSCA, prévu le 15 septembre 2014. Ils se sont, par ailleurs, réjouis des concours financiers que les partenaires bilatéraux et multilatéraux de la RCA ont apportés pour aider ce pays à se relever.
Les participants ont eu des échanges de vues approfondis sur les prochaines étapes du processus politique et de réconciliation en RCA. Sur la base des conclusions de la Concertation de Malabo du 27 juin 2014, ils ont entériné les modalités de relance du dialogue politique et du processus de réconciliation présentées par le G8-RCA. À cet égard, ils ont convenu de ce qui suit:
(i) la tenue, à Brazzaville, du 21 au 23 juillet 2014, d’un Forum pour la réconciliation nationale et le dialogue politique, sous l’égide du Médiateur de la CEEAC dans la crise centrafricaine, le Président Denis Sassou Nguesso de la République du Congo. Ce Forum devra convenir de l’arrêt de toutes les violences, à travers la signature par les entités concernées, d’un accord de cessation des hostilités, du désarmement des groupes armés et d’un nouveau cadre politique de la transition;
(ii) la mise en place par le Gouvernement centrafricain d’un Comité préparatoire, chargé, en concertation étroite avec la Médiation internationale mentionnée ci-dessous et avec l’appui du G8-RCA, de la préparation du Forum, y compris les aspects relatifs à la participation, qui doit être la plus inclusive possible, en tenant compte des décisions pertinentes du CPS de l’UA et du Conseil de sécurité des Nations unies;
(iii) la mise en place d’une Médiation internationale sous l’autorité du Médiateur de la CEEAC dans la crise centrafricaine, le Président Denis Sassou Nguesso de la République du Congo, et comprenant les représentants de l’UA et des Nations unies, en qualité de vice-Médiateurs, et du Secrétariat général de la CEEAC en tant que Rapporteur. La Médiation internationale comprend également les représentants des États membres de la CEEAC, des autres membres du G8-RCA et de la CIRGL;
(iv) la mise à disposition de l’expertise requise par l’UA et les Nations unies, ainsi que par d’autres membres de la communauté internationale;
(v) l’initiation immédiate de consultations entre la Médiation de la CEEAC et le G8-RCA pour la préparation d’un budget et la finalisation d’autres aspects du Forum envisagé;
et (vi) l’appel à la communauté internationale pour qu’elle contribue au financement du Forum et aux autres activités de suivi envisagées.
Les participants ont convenu que le Forum de Brazzaville sera suivi d’autres étapes à conduire en RCA pour assurer la participation la plus large possible des différentes couches de la population centrafricaine et son appropriation du processus, à savoir des concertations organisées dans les différentes préfectures du pays et un Forum élargi à Bangui.
Les participants ont exhorté tous les acteurs centrafricains concernés à participer au Forum de Brazzaville dans l’esprit de responsabilité et de compromis requis et de placer l’intérêt de la RCA et de son peuple au-dessus des considérations partisanes et d’objectifs étroits et à court terme. Ils ont réaffirmé leur détermination à tenir les fauteurs de trouble éventuels responsables de leurs actes, y compris par l’imposition de sanctions individuelles, dans le cadre des dispositions pertinentes de la résolution 2134 (2014) du 28 janvier 2014, relatives aux sanctions du Conseil de sécurité des Nations unies. À cet égard, ils se sont félicités des mesures déjà prises par le Comité des sanctions des Nations Unies.
Les participants ont salué le travail remarquable qu’accomplit la MISCA, avec l’appui des opérations Sangaris et EUFOR-RCA, dans un environnement particulièrement difficile. Ils ont exprimé leur appréciation aux pays contributeurs de troupes et de personnels de police pour leur engagement et les sacrifices consentis. Ils ont à nouveau remercié tous les pays et organisations qui apportent un soutien à la MISCA, les exhortant à poursuivre ce soutien.
Les participants ont pris note avec satisfaction du processus de transition en cours de la MISCA à la MINUSCA, et se sont félicités de la bonne collaboration entre l’UA et les Nations unies, pour permettre un transfert d’autorité réussi. Ils ont lancé un appel aux partenaires internationaux pour qu’ils apportent l’appui requis aux contingents de la MISCA qui en ont besoin pour faciliter leur participation effective à la mise en œuvre du mandat de la MINUSCA.
Les participants ont instamment demandé aux autorités centrafricaines d’accélérer la mise en œuvre des réformes relatives à la gouvernance économique et financière afin de faciliter la mobilisation d’une assistance additionnelle. Ils ont demandé aux partenaires bilatéraux et multilatéraux de la RCA de poursuivre et de renforcer leur soutien, en tenant compte de la situation particulière de la RCA. Les participants ont réitéré à nouveau l’appel à la communauté internationale pour la mobilisation de l’assistance humanitaire requise.
Les participants se sont félicités de la mise sur pied, à Bangui, d’un Groupe de coordination chargé de la préparation et du suivi des réunions du GIC-RCA, appelé G8, conformément aux Conclusions de la 4ème réunion du GIC-RCA.
Les participants sont convenus que la prochaine réunion du GIC-RCA se tiendra à Bangui, en RCA, en octobre 2014, à une date qui sera déterminée par voie de consultations.

21 mars 2014 – 4ème Réunion GIC-RCA
Quatrième reunión du Groupe international de contact sur la République Centrafricaine (GIC-RCA) tenue à Brazzaville (République du Congo).
L’évolution de la situation en RCA
Les participants, après avoir relevé les blocages qui ont gravement entravé la conduite de la transition vers la fin de l’année 2013, se sont félicités de l’élection à la tête de l’État de Mme Catherine Samba-Panza et de la nomination de M. André Nzapayéké comme Premier ministre, ainsi que de la formation subséquente d’un nouveau Gouvernement, et ce dans le prolongement des conclusions du 6ème Sommet extraordinaire de la CEEAC, tenu à N’Djamena les 9 et 10 janvier 2014. Ils ont noté que les changements intervenus à la tête de l’exécutif de la transition créent un environnement propice à des efforts nationaux plus soutenus et cohérents en vue d’une sortie de crise rapide, ainsi qu’à une plus grande mobilisation de la communauté internationale en faveur de la RCA.
Rappelant les graves incidents survenus à Bangui au début du mois de décembre 2013, avec l’attaque lancée par le groupe anti-balaka, les exactions et tensions intercommunautaires qui s’en sont suivis, les participants ont reconnu que la situation sécuritaire s’est sensiblement améliorée, grâce à l’action de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA) et de l’Opération Sangaris. Ils ont relevé, à cet égard, la réduction continue des actes de violence, le retour progressif à une vie normale à Bangui et ailleurs dans le pays et l’amorce d’un mouvement de retour des populations déplacées. Les participants ont souligné la nécessité d’efforts continus pour renforcer la tendance à l’amélioration de la situation sécuritaire et étendre l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national. Ils ont fermement condamné les groupes et éléments armés qui continuent de perpétrer des actes criminels et de chercher à saper les efforts des autorités de la transition.
Les participants ont noté qu’en dépit de l’amélioration de l’environnement sécuritaire,  la situation humanitaire continue d’être préoccupante. Ils ont, à cet égard, relevé les déplacements massifs de populations civiles tant à l’intérieur de la RCA qu’en direction des pays voisins, ainsi que la nécessité d’une mobilisation internationale beaucoup plus grande pour répondre aux besoins des populations affectées.
Les participants se sont félicités de la nomination des 7 membres de l’Autorité Nationale des Élections (ANE). Ils ont noté que les membres de l’ANE, avec le soutien des Nations unies, de l’UE, de la France et la MISCA, avaient déjà effectué plusieurs visites en province, et qu’ils avaient élaboré le chronogramme du processus électoral qui s’étale sur 12 mois. Ils ont, dans le même temps, reconnu l’ampleur des défis qui restent à relever pour la bonne conduite du processus électoral dans les délais impartis.
La mise en œuvre de la Feuille de route de la transition
Les participants ont pris note des informations fournies par le premier ministre Centrafricain sur l’état de mise en œuvre de la Feuille de route de la transition. Ils ont pris note de l’annonce faite par le premier ministre sur la présentation, au Conseil national de transition (CNT), au début du mois d’avril 2014, d’un programme de mise en œuvre de la Feuille de route révisée de la transition.
Les participants ont souligné la nécessité d’un engagement politique encore plus soutenu de la part des acteurs centrafricains pour aider à consolider les acquis enregistrés sur le plan sécuritaire grâce à l’action conduite par la MISCA, avec le soutien de l’opération Sangaris. Ils ont rappelé la responsabilité première qui incombe aux acteurs centrafricains dans le règlement de la grave crise que connaît le pays, soulignant que le rôle de la communauté internationale est d’accompagner les efforts nationaux et non de s’y substituer. Dans ce cadre, les participants ont exhorté les autorités centrafricaines à renforcer les mesures prises pour isoler et sanctionner les fauteurs de troubles, en particulier les anti-balaka et promouvoir la réconciliation nationale, exhortant les pays ayant connu des processus similaires à partager leurs expériences avec la RCA. Les participants ont fortement recommandé au Gouvernement centrafricain d’initier un dialogue inclusif entre les différents acteurs politiques et sociaux centrafricains. Ils ont exhorté le Gouvernement à tenir les membres du GIC-RCA régulièrement informés de l’évolution de ses efforts, de manière à faciliter l’accompagnement international.
Les participants ont aussi souligné la nécessité et l’urgence d’efforts plus soutenus en ce qui concerne la réforme du secteur de la défense et de la sécurité, le programme de désarmement, de démobilisation et de réinsertion (DDR). Dans ce cadre, ils ont exhorté le Gouvernement à mettre en œuvre rapidement, et en conformité avec les dispositions de la résolution 2134 (2014) du Conseil de sécurité des Nations unies, la stratégie DDR qu’il a adoptée, en prenant en compte tous les groupes armés. Ils ont souligné l’importance que revêt l’élaboration d’une vision nationale de la réforme du secteur de la défense et de la sécurité et du DDR qui soit en lien avec les capacités actuelles de l’État et qui tienne compte de l’urgence de la stabilisation de la situation. Les participants ont convenu que le Gouvernement tiendrait les partenaires internationaux régulièrement informés des dispositions prises à cet égard.
Les participants ont accueilli avec satisfaction le pardon présenté, au nom de la nation centrafricaine, par le Premier ministre de la RCA à l’endroit des pays voisins dont les ressortissants ont souffert des atrocités et d’autres violations des droits de l’homme sur le territoire centrafricain. Le Premier ministre a noté qu’en dépit de ces violations, ces pays ont continué à remplir leur devoir d’hospitalité à l’égard des citoyens centrafricains.
Les efforts régionaux et internationaux
Les participants ont salué les efforts constants des dirigeants de la CEEAC et reconnu le rôle crucial de la région dans le règlement de la crise centrafricaine. Ils ont salué les décisions prises par le 6ème Sommet extraordinaire de la CEEAC et l’assistance financière que la région apporte à la RCA pour permettre à ce pays de faire face à certains de ses besoins les plus urgents. Ils ont renouvelé leur gratitude et confiance aux Présidents Denis Sassou Nguesso, Médiateur de la CEEAC, et Idriss Deby Itno, Président en exercice de la CEEAC, les exhortant à poursuivre et à intensifier l’action qui est la leur, en appui à la paix, la sécurité et la stabilité en RCA. Ils ont engagé la communauté internationale, y compris le Conseil de sécurité des Nations unies, à soutenir effectivement le rôle continu de la région et à s’assurer que toute initiative internationale sur la RCA s’inscrive dans cette perspective.
Les participants ont noté avec satisfaction la transformation de la MICOPAX en MISCA et les mesures prises par l’UA pour permettre à cette Mission d’atteindre rapidement son effectif autorisé de 6 000 personnels en uniforme. Ils ont rendu hommage à la MICOPAX pour le travail accompli dans des conditions particulièrement difficiles.
Se référant à la tenue de la Conférence d’appel de fonds au profit de la MISCA organisée par la Commission de l’UA, à Addis Abéba, le 1er février 2014, ils ont exprimé leur gratitude aux États membres de l’UA qui ont annoncé ou déjà apporté des contributions en appui à la MISCA (États membres de la CEEAC, Algérie, Afrique du Sud, Côte d’Ivoire, Ethiopie, Gambie, Namibie et Nigeria). De même ont-ils exprimé leur profonde appréciation aux partenaires internationaux qui apportent un soutien financier, logistique et technique au déploiement et aux opérations de la MISCA, notamment les États Unis, l’UE et ses États membres (France, Luxembourg et Royaume Uni), Canada, Japon et Norvège. Ils ont remercié les Nations unies et la France pour leur appui en expertise à la MISCA. Ils ont félicité la MISCA pour le travail remarquable accompli sur le terrain, en coordination avec Sangaris, dont les effectifs viennent d’être renforcés, travail qui a permis d’améliorer significativement la situation sécuritaire en RCA. Ils ont rendu hommage aux soldats et policiers qui sont tombés sur le champ d’honneur et souhaité un prompt rétablissement aux personnels blessés.
Les participants se sont félicités de la décision du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’UA d’autoriser le déploiement de personnels de police supplémentaire et celui des capacités spécialisées, pour renforcer l’efficacité de la MISCA. Dans ce cadre, ils ont lancé un appel pressant à tous les partenaires internationaux pour qu’ils apportent un soutien accru à la MISCA, notamment en termes de mobilité, d’équipements et de ressources financières. Ils sont convenus que l’UA soumettra, dans un délai d’une semaine, une liste actualisée des besoins de la MISCA pour faciliter la mobilisation accélérée des ressources requises. De même, ils ont exprimé l’espoir que le Conseil de sécurité des Nations unies, dans la perspective d’un passage de témoin harmonieux et efficace entre la MISCA et une opération onusienne, tel que recommandé par le Secrétaire général dans son rapport du 5 mars 2014, autorisera la mise en place d’un dispositif spécifique et approprié à cet effet. Les participants ont salué la décision de l’UE de lancer l’opération «EUFOR-RCA», en vue de contribuer à la consolidation des acquis enregistrés par la MISCA avec le soutien de l’opération Sangaris. Ils se sont félicités des efforts en cours pour renforcer la coordination entre la MISCA et l’Initiative de coopération régionale pour l’élimination de l’Armée de résistance du seigneur (ICR-LRA).
Après avoir rappelé que l’objectif de la MISCA, avec l’appui de Sangaris, est de créer les conditions d’un engagement international plus soutenu et plus durable en faveur de la RCA et pris note du fait que la MISCA envisage de parachever la phase initiale de stabilisation de la situation dans les prochains six à neuf mois, les participants se sont félicités de la perspective de déploiement d’une opération de maintien de la paix des Nations unies. Ils ont souligné la nécessité pour l’UA et les Nations unies de tout faire pour réussir cette transition, en tirant pleinement les leçons d’expériences antérieures. À cet égard, ils ont pris note des dispositions pertinentes du communiqué adopté par le CPS de l’UA lors de sa 422ème réunion tenue à Addis Abéba, le 7 mars 2014, soulignant que le succès de la MISCA est une condition essentielle à la réussite de l’opération envisagée des Nations Unies.
Les participants se sont réjouis de la tenue à Bruxelles, le 20 janvier 2014, de la Conférence internationale de haut niveau sur la situation humanitaire. Réitérant leur profonde préoccupation face à l’ampleur de la crise humanitaire en RCA et notant que seuls 21 pour cent des montants requis ont été mobilisés à ce jour, ils ont fortement exhorté tous les donateurs concernés à honorer leurs engagements dans les meilleurs délais possibles. Ils ont exprimé leur reconnaissance aux pays de la région qui accueillent des réfugiés centrafricains. Ils ont félicité la MISCA pour le soutien apporté aux opérations humanitaires, y compris l’escorte de convois de la frontière camerounaise à Bangui, la protection de sites de déplacés et celle d’acteurs humanitaires.
Les participants ont reconnu la gravité des problèmes économiques et sociaux auxquels la RCA est confrontée, soulignant que la situation appelle une action urgente de la part des partenaires internationaux et une adaptation des procédures d’aide internationale à la situation particulière de la RCA. À cet égard, ils ont insisté sur l’importance que revêt le paiement régulier des salaires des agents de la fonction publique et des pensions des retraités et du soutien au redémarrage du fonctionnement de la machine étatique et administrative. Ils ont salué la décision de la CEEAC de consacrer 50 des 100 millions de dollars américains annoncés lors de la Conférence de donateurs tenue à Addis Abéba à l’appui économique et budgétaire à la RCA. Ils se sont félicités de la réactivation, par la Banque mondiale et l’Agence française de développement (AFD), de leurs bureaux à Bangui. Ils ont encouragé les institutions financières internationales, notamment la Banque mondiale et le Fonds monétaire international, ainsi que la Banque africaine de développement, à accélérer la reprise de leur assistance à la RCA et à décaisser effectivement et rapidement les fonds promis.
Dans le cadre des efforts de stabilisation de la situation en RCA, les participants ont souligné la nécessité de la prise de sanctions contre tous les individus et entités qui, en RCA, s’emploient à entraver la transition et le processus de paix et de réconciliation. Ils ont exhorté le Conseil de sécurité des Nations unies, dans le cadre de sa résolution 2127 (2013), à désigner rapidement les individus et entités à sanctionner, de manière à envoyer un message clair aux fauteurs de troubles quant à sa détermination à les tenir comptables de leurs actes. Dans le même esprit, les participants se sont félicités du commencement de travail de la Commission internationale d’enquête sur la situation des droits de l’homme en RCA depuis le 1er janvier 2013. Ils attendent avec intérêt la révision prévue par l’UA de sa liste des individus sanctionnés pour actes de nature à saper les efforts de paix en RCA.
Le renforcement du GIC-RCA et le suivi de ses conclusions
Les participants sont convenus de la nécessité de renforcer l’efficacité du GIC-RCA et son accompagnement de la transition. Dans cette perspective, ils ont demandé aux co-Présidents du GIC-RCA, à savoir la Commission de l’UA et la République du Congo, à mettre en place, sous leur direction, une structure restreinte informelle comprenant la CEEAC et les principaux partenaires internationaux concernés et la RCA, pour assurer le suivi des conclusions des réunions régulières du GIC-RCA, faciliter l’implication d’experts couvrant des domaines thématiques et favoriser la mobilisation de ressources additionnelles. Les modalités de fonctionnement de cette structure, qui se réunira au moins un mois avant chaque session régulière du GIC-RCA, seront déterminées par les co-présidents en consultation avec les partenaires concernés.
Les participants ont demandé que les engagements pris par le Gouvernement centrafricain et les membres du GIC-RCA, ainsi que les recommandations faites à leur intention, soient reprises par la Commission de l’UA sous la forme d’une matrice et distribuée à tous les membres du Groupe. Ceux-ci doivent, à leur tour, informer les co-présidents des mesures par eux prises en termes de suivi avant chaque réunion du Groupe. Les participants se sont réjouis de la participation, pour la première fois, en qualité de membre, de l’OCI aux travaux du GIC-RCA, ainsi que de sa volonté de contribuer à la réconciliation nationale, à l’assistance humanitaire aux déplacés et aux réfugiés, et à la reconstruction de la RCA.
Prochaine réunion du GIC-RCA
Les participants sont convenus que la prochaine réunion du GIC-RCA se tiendra à Addis Abéba, en juin 2014, à une date qui sera déterminée par voie de consultations.

8 novembre 2013 – 3ème Réunion GIC-RCA
Troisième reunión du Groupe international de contact sur la République Centrafricaine (GIC-RCA) tenue à Bangui. Après avoir passé en revue les différents volets de la situation en RCA, les participants se sont accordés sur ce qui suit:
I. Sur la gestion de la transition
Les participants ont rappelé que la période de transition en RCA a officiellement démarré le 18 août 2013, avec la prestation de serment du chef de l’État de transition devant la Cour constitutionnelle, et que sa durée a été fixée à 18 mois, conformément aux dispositions de l’article 102 de la Charte constitutionnelle de transition et aux stipulations de la Déclaration de Ndjaména du 18 avril 2013. Sur la base de ce qui précède, les participants, après s’être félicités de l’adoption de la Feuille de route de la transition, telle que prévue par l’article 43 de la Charte constitutionnelle de la transition, définissant l’action que les autorités de transition entendent mener dans les secteurs prioritaires d’activités, ont pris note de l’engagement desdites autorités à:
a)    travailler ensemble, ainsi qu’avec les partis politiques et la société civile, de manière inclusive et de bonne foi, pour conduire le processus de transition à son terme, à travers l’adoption d’une nouvelle Constitution et d’un Code électoral, ainsi qu’à travers la mise en place, le plus rapidement possible, de l’Autorité nationale des élections et du Haut Conseil de la Communication et leur fonctionnement en toute indépendance, et la reconstitution des registres d’état civil, en vue de permettre la tenue d’élections présidentielle et législatives libres, transparentes et crédibles, au plus tard en février 2015;
b)    se conformer à l’article 106 de la Charte constitutionnelle de transition qui stipule que le chef de l’État de transition, le Premier ministre, les membres du Gouvernement de transition et du Bureau du Conseil national de transition sont inéligibles aux élections présidentielle et législatives organisées à l’issue de la période transition de 18 mois. À cet égard, les participants ont rappelé les  dispositions pertinentes de la Charte africaine de la Démocratie, des Élections et de la Gouvernance, qui prévoient que les auteurs d’un changement anticonstitutionnel ne peuvent participer aux élections visant à restaurer la légalité;
c)    créer les conditions de la reprise du débat démocratique et à organiser les élections présidentielles et législatives conformément aux dispositions pertinentes de la Charte africaine de la Démocratie, des Élections et de la Gouvernance, dont la RCA est signataire; et
d)    encourager efficacement les initiatives en cours dans le domaine de la réconciliation nationale. Les participants ont salué la signature, à Bangui, le 7 novembre 2013, par les autorités de la transition, du Pacte républicain sous l’égide de la communauté Sant’Egidio. Ils ont souligné que ce Pacte constitue un premier pas indispensable en ce sens, et ont demandé aux acteurs concernés d’en assurer le suivi et l’évaluation tout au long du processus de transition.
Au regard des engagements ci-dessus, les participants ont exprimé leur détermination à soutenir l’action du Gouvernement de transition, sous la direction du Premier ministre, en vue de la mise en œuvre de la Feuille de route de la transition conformément aux principes énoncés dans la Charte constitutionnelle de transition, l’Accord de Libreville du 11 janvier 2013 et la Déclaration de Ndjaména du 18 avril 2013. Plus spécifiquement, les participants se sont engagés à tout faire pour faciliter la mobilisation du soutien technique et financier nécessaire en vue de l’aboutissement de la transition et de la tenue des élections.
Les participants ont exhorté le CPS de l’UA et le Conseil de sécurité des Nations unies à continuer de suivre de près la gestion de la transition et à prendre, au besoin, des sanctions contre ceux qui feraient obstacle à la mise en œuvre des engagements pris par les autorités de transition, conformément aux décisions pertinentes du CPS et à la résolution 2121 (2013).
II. Sur le redéploiement de l’administration civile et la restauration de la sécurité et de l’ordre public
Les participants se sont félicités de la volonté clairement exprimée des autorités de transition d’œuvrer au redéploiement rapide de l’administration civile, de manière à permettre le fonctionnement des services de l’État. De manière plus spécifique, ils ont relevé la détermination des autorités de transition à:
a)    engager immédiatement le redéploiement des sous-préfets, et ce dans le prolongement du déploiement des préfets;
b)    amorcer la remise en état du système judiciaire;
c)    faciliter le retour et la réinstallation des réfugiés et des personnes déplacées; et
d)    assumer la pleine maîtrise par l’État de ses ressources fiscales et douanières, ainsi que des redevances et droits de toutes sortes (miniers, forestiers, pétroliers, etc.).
Les participants ont exprimé leur soutien à la mise en œuvre de ces mesures. Ils se sont félicités de l’engagement des autorités de transition à mettre en œuvre lesdites mesures dans la transparence.
Les participants ont pris note de l’affirmation par les autorités de transition de la responsabilité qui leur incombe d’assurer le respect des droits de l’Homme, du droit international humanitaire et la protection des populations civiles. Dans ce contexte, ils relèvent la volonté des autorités de transition à:
(a)    prendre les dispositions nécessaires pour contrôler les éléments armés;
(b)    lutter contre l’impunité, en documentant les cas de violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire, ainsi qu’en déférant sans délai à la Justice les coupables des crimes et délits de toute nature;
(c)    amorcer la remise en état des forces régulières et le redéploiement à l’intérieur du pays d’un dispositif élémentaire de façon à améliorer la sécurité sur le terrain, dans le cadre de la Stratégie de stabilisation de la RCA, telle que validée par le 5ème Sommet extraordinaire de la CEEAC, et en liaison avec la MISCA;
(d)    collaborer pleinement avec la Mission de consolidation de la paix de la CEEAC en RCA (MICOPAX), puis la MISCA, à l’issue du transfert d’autorité entre les deux Missions, le 19 décembre 2013, y compris s’agissant des initiatives devant conduire, à très court terme, à l’éloignement des éléments étrangers de la RCA, comme rappelé par le communiqué final du 5ème Sommet extraordinaire de la CEEAC, ainsi que, au plus tard à partir de janvier 2014, au désarmement, volontaire ou forcé, de tous les éléments des groupes armés;
(e)    lancer, en temps utile, sur la base des leçons apprises, un nouveau programme de désarmement, démobilisation et réintégration et rapatriement (DDRR) qui prenne en compte les besoins des communautés locales concernées. Ce programme devra s’inscrire dans une approche globale de la réforme du secteur de la sécurité qui soit en cohérence avec la Stratégie de stabilisation de la RCA mentionnée plus haut et en liaison avec la MISCA. Les participants ont rappelé le rôle de coordination dévolu au BINUCA par la résolution 2121 (2013); et
(f)    assurer que les forces de défense et de sécurité centrafricaines soient professionnelles, équilibrées et sélectionnées sur la base de leurs compétences et de critères rigoureux, y compris en termes de représentativité de la nation centrafricaine, en tenant compte des besoins urgents et des capacités financières du pays.
Les participants ont exprimé leur soutien aux mesures envisagées par les autorités de transition. Ils ont demandé aux partenaires en mesure de le faire de bien vouloir apporter l’expertise et l’appui financier nécessaire pour aider à la mise en œuvre desdites mesures.
Les participants ont réitéré leur appréciation à la MICOPAX pour le travail accompli sur le terrain, malgré les contraintes logistiques et autres auxquelles la Mission est confrontée. Ils ont noté avec satisfaction la décision du 5ème Sommet extraordinaire de la CEEAC, demandant aux États membres de cette organisation de générer des personnels militaires et de police additionnels pour atteindre l’effectif autorisé de la MISCA. Ils se sont également félicités des consultations entre l’UA et la CEEAC sur la transformation de la MICOPAX en MISCA et de l’engagement des deux organisations à assurer le transfert d’autorité le 19 décembre 2013.
Soulignant l’urgence que revêt la mise en place opérationnelle, rapide et efficace de la MISCA, afin de contribuer à créer les conditions propices à l’émergence d’un État stable et démocratique, exerçant son autorité sur l’ensemble du territoire national et assumant sa responsabilité de protéger les populations civiles, les participants:
a)    ont exhorté les Nations unies à apporter le soutien requis à la MISCA, soulignant, à cet égard, attendre avec intérêt les recommandations de la Mission d’évaluation technique dépêchée par les Nations unies en RCA du 27 octobre au 8 novembre 2013. Ils ont souligné que l’exécution réussi du mandat de la MISCA permettra de créer les conditions requises pour le déploiement éventuel d’une opération de maintien de la paix des Nations unies, qui appuiera la stabilisation à long terme et la reconstruction de la RCA;
b)    se sont félicités de l’engagement de l’Union européenne (UE) à contribuer financièrement au déploiement de la MISCA dans le cadre de la Facilité pour la paix en Afrique.  Ils ont, à cet égard, été informés des efforts en cours de l’UA, en concertation avec les partenaires internationaux concernés, en vue de la finalisation, dans les meilleurs délais, du budget de la MISCA, de manière à ouvrir la voie à la conclusion d’un accord de contribution;
c)    se sont félicités de l’engagement des États-Unis d’Amérique à appuyer le déploiement et le fonctionnement de la MISCA;
d)    ont lancé un appel aux autres partenaires internationaux à apporter le soutien nécessaire à la MISCA;
e)    ont demandé à l’UA et à la RCA à conclure rapidement l’Accord sur le statut de la Mission (SOMA), ainsi qu’à l’UA et aux pays contributeurs de troupes et de personnels de police à conclure les Protocoles d’accord devant gouverner la mise à disposition de ces personnels et des ressources correspondantes; et
f)    ont prié le BINUCA à mettre en place des mécanismes appropriés de coopération avec la CEEAC et l’UA afin de faciliter ce processus.
III. Sur la gouvernance et l’assistance économique et financière
Les participants ont reconnu que le Gouvernement de transition est confronté à une grave crise budgétaire, qui empêche notamment le rétablissement de la sécurité, la restauration des services de l’État et le paiement régulier des salaires,  ainsi que la reprise de l’activité économique. Ils ont noté avec appréciation l’engagement des autorités de transition à:
a)    reprendre les discussions avec les institutions financières internationales compétentes, en vue de l’adoption et de la mise en œuvre de programmes de réforme économique appropriés;
b)    assurer une gestion saine et transparente des finances publiques, sur la base des recommandations du Fonds monétaire international (FMI) et d’expériences internationales pertinentes. Une telle gestion requiert un véritable contrôle des régies financières du pays et une implication appropriée des institutions financières internationales; et
c)    mettre en œuvre les dispositions pertinentes de la présente Déclaration, afin de permettre la mobilisation du soutien financier, technique et autre des partenaires internationaux, y compris l’octroi par le FMI d’une Facilité rapide de crédit ou l’octroi d’appuis budgétaires.
Les participants se sont engagés à faciliter et à accélérer aux niveaux bilatéral et multilatéral les procédures d’assistance financière, en tenant compte de l’urgence et du volume des besoins de la RCA. Ils sont convenus de réactiver les programmes d’assistance en cours qui avaient été interrompus en raison de la crise. Ils ont exhorté les autorités de transition à travailler étroitement avec la Banque mondiale, le FMI, la Banque africaine de développement (BAD) et l’UE, en vue de la mise en place rapide d’un système de gestion transparent des ressources financières, conformément au paragraphe (b) ci-dessus.
Les participants ont pris note de la finalisation très prochaine, par l’UA, des modalités de mise en place, de fonctionnement et de gestion du Fonds fiduciaire prévu par l’Appel de Brazzaville du 3 mai 2013.
IV. Sur la situation humanitaire
Les participants ont noté avec une profonde préoccupation la situation humanitaire particulièrement alarmante qui prévaut dans le pays, du fait de l’insécurité ambiante et d’autres facteurs connexes.  Ils ont exprimé leur appréciation aux agences humanitaires qui apportent une assistance aux populations affectées dans des conditions extrêmement difficiles, ainsi qu’aux pays voisins qui accueillent des réfugiés centrafricains.
Les participants ont noté la volonté exprimée des autorités de transition de prendre les mesures nécessaires pour faciliter le retour des personnes déplacées et réfugiés, et d’assurer un accès sécurisé et sans entrave aux populations affectées. Reconnaissant l’urgence d’apporter une réponse appropriée à la situation humanitaire, les participants ont lancé un appel pressant à la mobilisation de ressources additionnelles pour l’assistance humanitaire, y compris l’appui aux pays accueillant des refugiés centrafricains.
V. Sur la voie à suivre et le mécanisme de suivi
Les participants se sont félicités de la détermination exprimée du Gouvernement de transition et du chef de l’État de transition à mettre en œuvre les engagements énoncés dans la présente Déclaration. Ils ont, en particulier, noté le fait que les autorités de transition ont pleinement conscience du lien étroit et permanent qui existe entre la concrétisation des engagements pris et la mobilisation de l’assistance internationale. Ils ont instamment demandé aux autorités de transition de donner, au plus tôt, des preuves claires et concrètes de leur résolution à mettre en œuvre, de bonne foi, les engagements pris. Rappelant les dispositions de la résolution 2121 (2013) du Conseil de Sécurité, qui soulignent la nécessité pour les forces de sécurité centrafricaines d’être professionnelles, équilibrées et représentatives, ils ont pris note de l’engagement du Premier ministre de la RCA à initier des consultations avec l’ensemble des institutions de la transition en vue de réexaminer la décision d’intégration dans les forces de défense et de sécurité d’éléments ex-SELEKA, et ce dans l’intérêt de l’équilibre à long terme des forces de défense et de sécurité.
Les participants ont convenu de tenir la 4ème réunion du GIC-RCA, à Brazzaville, en République du Congo, au plus tard en février 2014, à une date à convenir à l’issue de consultations. Cette 4ème réunion sera l’occasion de faire le point de l’état de mise en œuvre des engagements contenus dans la présente Déclaration, dans un esprit de responsabilisation mutuelle et de partenariat.
Les participants ont demandé aux co-Présidents du GIC-RCA, à savoir la République du Congo et la Commission de l’UA, à travers leurs représentants à Bangui, d’accompagner au quotidien les autorités de transition dans la mise en œuvre de leurs engagements tels que contenus dans la présente Déclaration  et de faire rapport sur les progrès accomplis et les défis rencontrés lors de la prochaine réunion du GIC-RCA. Dans cette tâche, les co-Présidents seront soutenus par les représentants du Secrétariat général de la CEEAC, des Nations unies, de l’UE et d’autres partenaires.

8 juillet 2013 – 2ème Réunion GIC-RCA
Deuxième reunión du Groupe international de contact sur la République Centrafricaine (GIC-RCA) tenue à Addis-Abeba (Éthiopie).

La situation en République centrafricaine
Le GIC a noté les récents développements politiques et la fragilité de la situation sécuritaire et humanitaire sur l’ensemble du territoire et à Bangui, couplée par les contraintes logistiques, matérielles et financières auxquelles se trouve confronté le processus de reconstitution d’un noyau des forces de défense et de sécurité centrafricaines. La sécurité et l’ordre public continuent d’être perturbés par les agissements de certains éléments incontrôlés de la Seleka. Le GIC a en outre été informé du volume particulièrement important et urgent des besoins en appui budgétaire pour le versement des salaires des fonctionnaires et des travailleurs du secteur public et en assistance économique pour une relance significative de l’activité économique dans le pays.
Le GIC a marqué sa préoccupation face à la situation toujours alarmante des personnes réfugiées et déplacées, l’absence d’une réponse adéquate et l’urgence pour les agences humanitaires de prendre les mesures nécessaires pour répondre aux besoins d’assistance toujours croissants des réfugiés et des déplacés à l’intérieur du pays.
Le GIC a reconnu qu’en dépit des difficultés réelles auxquelles les autorités de Transition restent toujours confrontées, des efforts notables ont été enregistrés, relativement à la Feuille de route proposée par le 4ème sommet extraordinaire des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEEAC et dans l’esprit de l’Appel de Brazzaville. En particulier, le GIC a été informé de la formation d’un gouvernement plus inclusif, de l’élargissement du Conseil national de Transition (CNT) à 135 membres, de l’adoption et de la promulgation de la Charte de la Transition, et de l’engagement du Chef d’Etat de Transition à apporter le soutien continue de la RCA à l’Initiative de coopération régionale pour l’élimination de l’Armée de résistance du Seigneur (ICR-LRA) et la disponibilité du Gouvernement centrafricain à lui apporter sa contribution.
Le GIC a souligné la nécessité d’une meilleure collaboration entre les institutions de la Transition afin de réussir la mise en œuvre de la Feuille de route et faciliter l’appui de la communauté internationale. A cet effet, le GIC a réitéré la nécessité pour les autorités de la Transition d’impliquer la communauté internationale et de solliciter davantage son expertise.
Les efforts régionaux et internationaux
Le GIC s’est félicité des efforts entrepris par la CEEAC pour l’élaboration et l’adoption d’un mandat, d’un concept d’opérations et d’un budget pour la MICOPAX 2, dotée d’un effectif envisagé de 2000 hommes ainsi que des démarches entreprises en vue d’obtenir un financement au sein de la région ainsi qu’auprès de l’Union européenne (UE) en vue de la couverture des besoins de la MICOPAX. Le GIC se félicite de la décision prise par les Chefs d’Etat et de Gouvernement de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC) d’apporter une contribution financière de 25 milliards de FCFA, à l’occasion de leur sommet extraordinaire, tenu à Libreville, le 14 juin 2013. Le GIC a salué le prêt de 25 milliards de francs CFA accordé par la République du Congo à la RCA et qui a permis l’apurement de deux mois d’arriérés de salaire des fonctionnaires et agents des services publics de la RCA.
Le GIC a salué la décision prise par le Conseil de Paix et de Sécurité (CPS) de soutenir, en principe, la mise en place d’une Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA), lors de sa 380ème réunion, le 17 juin 2013 et encourage les consultations en cours avec la CEEAC et d’autres contributeurs de troupes et de police ainsi qu’avec les partenaires internationaux concernés, notamment l’UE, les Nations unies et l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) en vue d’élaborer un concept d’opération et un concept de soutien logistique. Dans ce contexte, le GIC a salué les actions entreprises par la Commission en application de la décision de la 380ème réunion du CPS, en particulier la tenue, à Addis Abéba, du 2 au 5 juillet 2013, de la réunion technique pour l’élaboration d’un projet de concept d’opération, et d’harmoniser ainsi les efforts régionaux. Le GIC se félicite de la perspective de la mise sur pied et de l’opérationnalisation effective de la MISCA dans les meilleurs délais possibles.
La voie à suivre
Le GIC encourage la Commission de l’UA et la CEEAC à poursuivre leur collaboration, avec l’appui des nations unies, de l’UE, de l’OIF et d’autres acteurs régionaux et internationaux afin d’accélérer le processus d’intégration de la MICOPAX dans la MISCA et de faciliter le déploiement de cette Mission. Le GIC a souligné la nécessité de donner un mandat robuste à la MISCA, de réunir les moyens financiers requis et de veiller à un équilibre régional des troupes, de l’armement de l’architecture de paix et des équipements qui pourraient être déployés ainsi qu’un niveau adéquat de moyens habilitants et de multiplicateurs de force à la dimension des défis. Des décisions pertinentes doivent être prises en temps opportun afin d’éviter l’interruption des flux financiers à la MICOPAX 2 / MISCA. Le GIC exhorte les Nations unies à examiner les formes sous lesquelles elles pourraient soutenir et faciliter ledit déploiement. A cet égard, le GIC-RCA encourage le CPS à autoriser la MISCA et à lui apporter le soutien politique et diplomatique requis.
Par ailleurs, le GIC a souligné la nécessité de rendre effectif le Fonds fiduciaire tel que contenu dans l’Appel de Brazzaville du 3 mai 2013, et s’est félicité de l’annonce faite par la Commission de l’UA de soumettre très prochainement un concept de gestion dudit Fonds ainsi que les références bancaires afin de permettre aux membres du GIC-RCA d’y contribuer de manière concrète. Le GIC a par conséquent encouragé tous ses membres à y contribuer généreusement, ainsi que les partenaires bilatéraux et multilatéraux à mettre en œuvre des programmes d’assistance à la RCA en tenant compte de l’urgence des besoins et des efforts en cours visant à restaurer l’ordre et la sécurité sur l’ensemble du territoire.
Les membres du GIC ont réitéré la nécessité pour les autorités de la transition de mettre en œuvre toutes les actions stipulées dans la Feuille de route culminant avec la tenue des élections aux dates limites prévues.
Les membres du GIC-RCA ont renouvelé leur engagement à continuer de soutenir toutes les initiatives visant à résoudre durablement la crise centrafricaine et sont convenus de tenir prochainement leur 3ème réunion à Bangui dans les meilleurs délais possibles, à une date à fixer après consultation afin d’évaluer les progrès accomplis s’agissant en particulier de l’assistance économique et financière à apporter à la RCA, à la situation des réfugiés et des déplacés, à la mise en place de la MISCA et aux différentes contributions au Fonds fiduciaire.

3 mai 2013 – Appel de Brazzaville
Première reunión du Groupe international de contact sur la République Centrafricaine (GIC-RCA) à Brazzaville (République du Congo), le 3 mai 2013. « Appel de Brazzaville » :

Avec l’appui de la CEEAC, de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL), de l’UA, des Nations Unies, de l’Union Européenne (UE), de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), ainsi que de tous les acteurs concernés, y compris les Institutions économiques et financières permanentes, le GIC-RCA ;
« 1- Réaffirme sa volonté politique d’accompagner la RCA dans le déploiement des efforts nécessaires pour sortir définitivement du cycle récurrent d’instabilité et de changements anticonstitutionnels de Gouvernements ;
2- Demande aux autorités de la Transition et à toutes les parties centrafricaines de mettre scrupuleusement et sans délai en œuvre les engagements et autres dispositions contenus dans l’Accord politique de Libreville et la Déclaration de N’Djamena ;
3- Demande en outre aux autorités de la Transition, à la classe politique, ainsi qu’à la société civile centrafricaine de prendre des mesures concrètes pour la mise en œuvre des décisions subséquentes des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la région en recourant au dialogue inclusif en vue de la création d’un climat apaisé et de la promotion de la réconciliation nationale ;
4- Met en garde les auteurs, commanditaires et complices d’actes, d’exactions et d’autres violations des droits de l’homme ainsi que d’actes susceptibles d’être qualifiés de crimes contre l’humanité, et souligne la responsabilité pénale individuelle qui s’y attache ;
5- Demande aux autorités de la Transition de continuer à respecter et mettre en œuvre tous les instruments juridiques régionaux, continentaux et universels auxquels la RCA est partie, ainsi que tous les autres engagements, y compris ceux relatifs à l’initiative de coopération régionale pour l’élimination de l’Armée de résistance du Seigneur (ICR-LRA) ;
6- Prend note avec satisfaction des informations fournies par le Premier ministre de Transition au niveau des politiques à mettre en œuvre et des décisions déjà prises par le Gouvernement d’Union nationale, s’agissant des questions sécuritaires, politiques, de gouvernance ainsi que des questions humanitaires et économiques. Appel la communauté internationale à prendre les mesures appropriées pour aider au succès de l’ensemble de ces politiques et à la leur mise en œuvre sans délai ;
7- Prend tout particulièrement note des informations relatives au lancement des opérations de cantonnement et/ou de désarmement d’un nombre important d’éléments de la Séléka ; réitère dans ce contexte l’importance essentielle qui s’attache à la sécurité des personnes et des biens et souligne l’impérieuse nécessité d’assurer la poursuite des opérations susmentionnées et de promouvoir la protection effective des populations civiles avec un soutien conséquent de la communauté internationale ;
8- Encourage tous les Etats membres de la CEEAC et de l’UA ainsi que tous les partenaires bilatéraux et multilatéraux de la RCA, à apporter un appui politique, économique et financier en faveur de la Transition dans ce pays, en vue de la restauration urgente de la sécurité et de l’ordre public, de la protection des droits de l’homme et de la lutte contre l’impunité, de la mise en place du fonctionnement effectif des institutions de la Transition, de l’élaboration d’un chronogramme électoral et de la réunion des conditions pour la tenu d’élections libres et crédibles, de la fourniture de l’assistance humanitaire aux populations dans le besoin ainsi que pour la mise en œuvre d’un programme économique d’urgence ;
9- Appelle les différentes institutions internationales compétentes ainsi que les partenaires bilatéraux à se concerter en vue d’harmoniser leurs apports, y compris en expertise pour la mise en œuvre des différentes politiques relatives à la gestion des tâches de la Transition ;
10- Appelle en outre la Communauté internationale à retenir l’idée de la création d’un Fonds d’affectation spéciale ou Fonds fiduciaire pour la réactivation des services administratifs et publics ainsi que pour le fonctionnement de la préparation et le déroulement des opérations électorales, et encourage tous les pays membres de l’UA et des partenaires bilatéraux à apporter des contributions volontaires généreuses au Fonds d’affectation spéciale ;
11- Recommande une collaboration renforcée avec la Commission de consolidation de la paix des Nations Unies sur la situation en RCA, en vue de conjuguer tous les efforts et de parvenir à une réponse internationale coordonnée ; et exprime le vœu qu’il soit rapidement pourvu à la présidence de la ’’Configuration pays’’ des cette instance par la sélection consensuelle à cette charge d’un partenaire de la RCA ;
12- Demande au Comité technique de suivi de l’Accord politique de Libreville de procéder à une évaluation régulière de la mise en œuvre de la Feuille de route et faire rapport au président du Comité.
13- S’engage à poursuivre ses activités de manière active et coordonnée pour la mobilisation de l’appui politique, matériel et financier souhaité, et à se réunir régulièrement pour l’évaluation de la mise en œuvre de la Feuille de route et de toutes les décisions pertinentes, ainsi que pour donner l’impulsion nécessaire à l’accomplissement des tâches de la Transition ».

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